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Pandemonium - Misanthropy

Pandemonium - Misanthropy

En dépit d’une carrière débutée en 1989 et avec six albums à leur actif les polonais de PANDEMONIUM ne semblent pas bénéficier de la notoriété qu’ils seraient en droit de mériter.

Gageons que leur septième opus mette fin à cette injustice. Misanthropy, le bien nommé, tombe à point et devrait à défaut de leur ouvrir la voie vers une renommée internationale, leur permettre au moins d’élargir leur noyau de fans, modeste, mais pourtant solide. En effet PANDEMONIUM ne fait pas partie de ces groupes susceptibles de déchainer à coup sûr l’hystérie chez les metalheads, mais ceux qui tombent sous le charme subtil et sans esbroufe de leur style particulier, le sont durablement. Pas d’excès de vélocité ou de technique chez eux, mais une attention particulière apportée aux ambiances qu’ils inoculent à leur black/death gothique et à des apports mélodiques parfois envoutants, comme c’est le cas sur le présent opus.

En premier lieu le chant tient chez eux une place de premier choix et se caractérise par un feeling qui le rapproche de l’utilisation que l’on pourrait faire de tout instrument. Déployées en une psalmodie louvoyante tour à tour acide, sourde, modulée et étirée, les voix impressionnent par leur caractère éminemment plastique, et l’espace harmonique qu’elles occupent, ainsi que par le traitement sonore qui leur est appliqué, filtrage, réverbération démultiplication, et spatialisation. L’effet provoqué relève autant d’une transe méditative que du marasme sonore.

A la fois mélodique et malsain Misanthropy se teinte d’éléments orientalisants, à la fois typés Europe centrale et Asie mineure, dans un mix indéterminable qui lui donne sa saveur assez originale de chamanisme gothique lancinant. Jetés pèle mêle dans la bataille, des riffs pur black le disputent à des rythmiques gothic doom et death, à des blasts si décalés, qu'ils en deviennent abstraits, le tout sous une pression mélodique jamais relâchée.

Entre autres morceaux de bravoure "Stones Are Eternal" fait figure de joyau de la couronne avec son chant féminin aussi mystérieux que hiératique, planant sur l’autre performance vocale, un chant masculin paroxystique de malléabilité nauséeuse, les deux, sur des lignes complémentaires par leur différences de textures. Les leads de guitare, simples et élégants, tiennent également une autre place de choix et accentuent le coté parfois langoureusement épique de certains passages. Le chant féminin vient à nouveau rehausser le morceau éponyme avec sa tonalité proche du chant di(a)phonique des voix bulgares, également entendu en ouverture dans sa tonalité plus Tibétaine et masculine, sur une longue procession doom death plus exaltante qu’accablante.

Polymorphe et hypnotique ce septième opus impose son style autant par sa variété que par sa cohésion. Il serait temps de se pencher sur la musique de ce combo discret et néanmoins talentueux.


Video Youtube

Asoth
22.05.2012

Groupe : Pandemonium (Pologne)
Titre : Misanthropy
Label : Pagan Records
Sortie : 2012
Durée : 00:41:30
Tracklist
01 - The Black Forest
02 - God Delusion
03 - Necro Judas
04 - Stones Are Eternal
05 - Avant-Garde Underground
06 - Everlasting Opposition
07 - Only the Dead Will See the End of War
08 - Misanthropy