
Interview de Hord


Si avec un album comme ça, ils percent pas, j'me fais moine. Juré ! Lumière est donc faite sur la genèse de cette petite bombe de metal moderne que HORD a lâchée dans la nature fin 2010. Enjoy !
Salut HORD. Je pense que les lecteurs ont le droit à une petite présentation de HORD, le parcours musical de chacun d'entre-vous, etc...
HORD a été formé en 2002 sur les cendres de plusieurs groupes de metal issus de la scène languedocienne, à savoir LYMLOSS et HOMECREEP. Composé au départ de Moerty (guitare), Luc (guitare), Kristen (basse), Vincent (batterie), Styx (chant) et DjFat (dj/samples), HORD a sorti son premier album en 2002, Reborn From Chaos, sur le label Why Note/Nocturne (R.I.P.), produit par Patrick Liotard du groupe Polarbitch. Après avoir défendu ce premier opus sur scène, HORD a connu quelques changements de line-up avec le départ de Styx pour rejoindre le groupe DETOXED, le départ de Luc, l’arrivée de Jonathan (ex-Burn Out, In Vain, Obside) au poste de guitariste-chanteur, et aujourd’hui d’Hadrien (ex-Djfat) au poste de deuxième chanteur sur scène. On vient tout juste de sortir notre nouvel album The Waste Land, enregistré, mixé et masterisé aux Pays-Bas, au Split Second Sound Studio, par le guitariste et producteur du groupe TEXTURES : Jochem Jacobs.
D'ailleurs, ce nom : HORD, comment s'est-il imposé ?
On est une bande de potes, un peu sauvages sur les bords et on fait de la musique dure et sensible à la fois... HORD sonnait bien pour définir le côté clan/meute et le côté incisif, direct de notre musique.
Malgré votre statut autoproduit, votre nouvelle sortie a tout d'un album professionnel défendu par un label, autant en terme de packaging que de production. Ne pas être signé, c'est quelque chose que vous revendiquez ou attendez-vous au contraire de saisir la bonne opportunité ?
Merci pour cette appréciation. Ne pas être signé est la conséquence d’une réflexion que nous avons menée quand nous démarchions les labels et distributeurs pendant la période précédant la sortie du disque. Nous avons soit subi le silence le plus complet de la part des labels, soit reçu des propositions inconvenantes. Du coup, on a décidé de se prendre en main et de se débrouiller par nous-mêmes, finalement comme on a toujours fait dans le groupe. Cela a retardé la sortie du CD de quelques mois, mais au final, on est très content du résultat. Cependant, oui, effectivement, nous sommes toujours enclin à examiner des propositions émanant de labels ou distributeurs si ces dernières s’avéraient intéressantes et surtout dignes.

The Waste Land est un concept-album divisé en trois chapitres. Vous pouvez nous en dire un peu plus sur la trame narrative qui se cache derrière ce titre ("le désert" en français) ?
Le titre de l’album est un clin d’œil au recueil du poète T.S. Eliot : The Waste Land. Ce n’est pas vraiment "le désert" (formation naturelle), mais plutôt "la terre vaine" ou "terre dévastée" (conséquence d’un accident, d’une faute). C’est un concept-album car tous les éléments qui le composent sont liés et interconnectés : la musique, les textes, le visuel, la prod, tout concourt à raconter la même histoire, selon différents points de vue et selon les spécificités de chaque art. C’est pourquoi on a choisi de s’entourer d’artistes comme Jochem Jacobs (producteur), Jakob Arevarn (directeur de l’artwork), David Lundmark (photographe), Par Oloffson (effets visuels), Colin Vauthier (logo, mise en page). On voulait leur vision de l’histoire, leur manière de voir les choses sur ce qu’on voulait raconter. D’ailleurs, l’album décrit la lente traversée d’un monde en lambeaux, au lendemain de l’apocalypse, par un personnage amnésique, naïf et désoeuvré, en quête de son humanité perdue.
Si l'on peut aisément vous rapprocher de pointures internationales telles que SOILWORK, MNEMIC ou SYBREED, on a bien du mal à vous trouver un équivalent de poids en France. Vous vous sentez des affinités musicales avec certains groupes de chez nous ?
Merci ! Ça fait plaisir de se voir comparé à des groupes comme SOILWORK, MNEMIC et SYBREED, formations qu’on adore et qu’on admire. Ces trois groupes nous ont beaucoup inspiré au fil du temps. Pour ce qui est de la France, il y a plein de groupes avec lesquels on a des affinités musicales, notamment des groupes de Montpellier comme ANANTA et WEAKSAW ; mais aussi BREED MACHINE, HACRIDE, GOJIRA, BEYOND THE DUST.
Vous semblez vouloir faire 50/50 entre la brutalité et la mélodie, avec des passages purement death et des refrains chantés à se rouler par terre. Un bon disque de metal selon vous, c'est un disque qui touche à ces deux extrêmes ?
C’est vrai que c’est un dosage qui nous convient bien, mais ce n’est pas une fin en soi ni un objectif préalable que l’on se fixe quand on compose une chanson. Pour The Wasteland, c’est venu naturellement du fait de l’histoire qu’on a écrit derrière. Il fallait que le personnage passe par ce type d’émotions extrêmes. Pour le prochain album, les choses seront peut-être très différentes, en fonction de la trame narrative que l’on mettra en place. Après, on ne considère pas qu’un bon disque de metal c’est forcément 50 \% de brutalité et 50\% de mélodie. Ça serait trop facile et les albums deviendraient vite chiants s’ils étaient tous construits sur ce principe... On aime se prendre du MESHUGGAH dans la gueule, et par ailleurs voyager avec un TESSERACT. Tout n’est pas qu’affaire de dosage entre la mélodie et la brutalité, il faut que le truc vive et soit sincère.

Vos influences semblent dépasser le pur cadre musical, tant votre disque dégage un feeling cybernétique/futuriste qu'on peut retrouver dans les oeuvres SF. Je me trompe ?
Au risque de te surprendre, on ne baigne pas vraiment dans tout ce qui est littérature de science fiction, ni même d’anticipation. Les thèmes de The Wasteland ne sont pas vraiment futuristes ni même cybernétiques. Certes, le cadre est post-apocalyptique, mais c’est surtout un huis-clos, un récit initiatique centré sur un personnage fragmenté. Le propos est davantage métaphysique. Parmi nos influences littéraires, il y a surtout Cormac McCarthy, et son roman The Road qui n’a rien d’un classique de la littérature de science fiction. Il s’agit d’un drame humain ici, d’un drame personnel et intérieur vécu par un homme laissé seul dans un monde esthétiquement hostile, pas de la lutte de l’homme avec des machine surpuissantes ou des forces cybernétiques.
C'est Jochem Jacobs du groupe TEXTURES qui a poussé les manettes pour ce second album. Comment êtes-vous entrés en contact ? Vous vous êtes rencontrés ?
On s’est rencontré sur Internet, sur Meetic. Ça a été le coup de foudre immédiat. On cherchait un célibataire qui correspondait vraiment à notre profil et Jochem avait tous les critères. Il a répondu à notre annonce. On s’est rencontré et la magie a opéré. La fusion a été totale. Nous avons aujourd’hui un enfant ensemble, et un deuxième devrait peut-être voir le jour... C’est une belle histoire.
Non, sérieusement. Tout est parti de notre kiff commun pour la musique de TEXTURES. On a pris d’énormes claques avec Drawing Circles et Silhouettes. Vincent et Jonathan se sont amusés à faire des reprises de chansons de TEXTURES sur Internet : Vinz a réarrangé pour batterie, cor et piano, avec un ami, l’épique "Touching the absolute", John a repris "Old Days Born Anew" à la gratte. Les deux ont aussi joué à plusieurs reprises "Stream of Consciousness" dans le cadre d’examens de musique actuelle. On a fait un DVD de toutes ces prestations et on l’a envoyé aux membres de TEXTURES avec le premier album de HORD et des goodies. Jochem et Bart nous ont alors contacté pour nous remercier et nous féliciter. Tout est parti de là.
Ensuite, au fil des discussions sur Internet, Jochem a commencé à s’intéresser à la composition de notre nouvel album. On lui envoyait au fur et à mesure nos préprods pour avoir son avis et ça lui a plu. En février 2009, Vincent et Jonathan sont allés le voir dans son ancien studio de Tilburg (Pays-Bas) pour discuter et lui faire écouter l’évolution du projet. Il en est ressorti ce que vous savez. Il nous a proposé de produire le disque et d’être le premier groupe à enregistrer, en août 2009, dans les tous nouveaux locaux du Split Second Sound Studio (Amsterdam). On s’est revu entre temps en Espagne, lors d’un concert de TEXTURES, pour fixer les derniers détails. Et voilà, on a passé un mois là-bas pour donner naissance à The Waste Land.
En parlant de mur de son, la production de The Waste Land paraît si riche et détaillée, du traitement des voix jusqu'aux instruments, qu'il ne doit pas être chose facile de reproduire tout ça en live, non ?
Jochem va être content de lire ça. Il suit de très près tout ce qui se dit autour du disque. Il comprend très bien le Français. Effectivement, ça n’est pas simple de reproduire tout ça en live, d’autant que nous n’avons pas pour l’instant eu l’occasion de faire une résidence artistique et d’embarquer avec nous un ingé son attitré. Mais ça ne saurait tarder. De plus, le line-up live est un peu différent du line-up studio puisque Jonathan partage aujourd’hui les parties vocales avec Hadrien (ex-DjFat) sur scène. Il y a donc tout un travail de réadaptation et de réarrangement qui suit tranquillement son cours et s’affine au fur et à mesure de nos prestations live.

Vous faites quoi en 2011 ? Vous nous préparez une petite tournée ?
En 2011, on fait la promo de The Waste Land et on prévoit des concerts oui, mais on ne va pas te cacher à quel point monter une tournée, quand tu es indépendant, dans ce pays, est un calvaire sans nom, d’un point de vue logistique et financier. On a des pistes et on y travaille. Pour l’instant, on a des concerts prévus ici et là, notamment avec BREED MACHINE, de manière éparse, et quelques tremplins en vue comme celui de Metallian et du Hellfest. Sinon, on planche à la composition d’un nouvel album qui devrait voir le jour en 2012.
Avec l'année 2010 qui est derrière nous maintenant, vous en retenez quoi musicalement parlant ?
L’année du DJENT, sans aucun doute ! Sérieusement, c’est à notre humble avis le courant musical le plus créatif et surprenant du moment. Ça dépasse même les frontières du metal et touche à tous les styles. C’est passionnant. On a pris des grosses claques avec des groupes ou projets solos comme TESSERACT, CLOUDKICKERS, VOLUMES, MONUMENTS, etc...
The Waste Land a fait l'objet d'une sélection Metalland, aussi va t-on vous demander de le vendre en trois mots !
En trois mots : ACHETEZ-LE MAINTENANT ! Non, sérieusement, on peut ajouter quelque chose ? Déjà merci pour la belle mise en avant que vous nous avez faite sur le site, c’est super cool ! Après, on invite tous les amateurs de musique cyber, djent, thrash, indus, tous les fans de SOILWORK, SYBREED, TEXTURES, STRAPPING YOUNG LAD et MNEMIC à aller jeter une oreille sur notre album. On peut l’écouter en intégralité sur Myspace, Reverbnation et Bandcamp. N’hésitez pas. Si le coeur vous en dit, il est disponible en digipack édition limitée en vente par correspondance sur notre boutique en ligne Facebook ou Bandcamp, ou en téléchargement sur iTunes store, Amazon Mp3 et Bandcamp.
On vous laisse conclure messieurs !
Merci à toute l’équipe de Metalland de nous avoir donné la parole et de nous apporter son soutien. On salue tous les lecteurs et on leur donne rendez-vous prochainement pour partager notre musique.
Head!
08.02.2011
| Groupe : Hord |
ABRASIVE
C.B MURDOC
EMBRIONAL
YAYLA
DARKNESS BY OATH
AOSOTH
PANDEMONIUM
JUMPING JACK
Metallica + The Kills + Gojira
Lofofora + Tagada Jones + Doberman [crew]
ETHS
ABYSSE


