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Interview de Crossing the Rubicon

Crossing the Rubicon

Voilà deux années – et deux albums – que les parisiens de CROSSING THE RUBICON nous assènent leur excellent metal stoner nourri au punk, à moins que ce ne soit l'inverse... Entretien avec Guillaume, le guitariste, et Cham, nouvelle recrue au poste de brailleur en chef !


Je constate que le line-up du groupe n'a pas changé depuis ses débuts ! CROSSING THE RUBICON, c'est une affaire de mecs soudés alors ? Présentez-vous à nos lecteurs !
Guillaume (guitare)
 : Salut Head, tout d’abord merci pour cette interview ! Pour répondre à cette première question nous sommes très soudés, c’est vrai on se connaît tous depuis des années... mais devine quoi : le line-up vient tout juste de changer !!! Jusqu’au mois de septembre 2011 et depuis sa formation en 2007, le groupe était composé d’Alexandru au chant, Thomas à la batterie, Jimmy à la basse et moi (Guillaume) à la guitare. Le line-up n’avait effectivement jamais changé.

Alexandru est parti aux USA finir ses études de cinéma et c’est désormais Cham qui le remplace derrière le micro. Cham n’est absolument pas un inconnu pour nous car il est manageur du groupe depuis 2 ans déjà... On peut dire que le recrutement s’est fait en interne du coup !

Pour parler un peu de notre musique, on fait un mélange de hardcore punk-stoner avec des touches metal par-dessus. Pour les lecteurs qui voudraient en savoir un peu plus, je les invite à lire tes excellentes chroniques de nos 2 albums !

Il parle beaucoup de cul votre disque, entre les titres de chansons suggestifs et les textes non moins explicites ! Il y a l'idée d'un concept derrière ?
Guillaume
 : Dommage que Dru ne soit plus là pour t’en parler ! Mais Cham, qui a aidé à l’élaboration des voix lors de l’enregistrement saura peut être t’en dire plus...
Cham (chant) : En fait, les paroles parlent beaucoup de délires persos ou entre amis de Alexandru. Je crois que le concept c'est juste de se taper des barres entres potes. Et donc, on parle de branlette, de LSD, du chat de sa copine, de David Carradine, du fait d'aimer compter, etc. Seule la dernière chanson, "Definitely Deaf", est plus "sérieuse". Elle parle du départ d'Alexandru. Que ce texte sera son dernier avec le groupe.

Estimez-vous avoir progressé depuis votre premier album sorti il y a 2 ans ? Comment positionnez-vous Definitely Deaf par rapport à l'éponyme ?
Guillaume
 : C’est clair qu’on pense avoir beaucoup progressé entre les 2 disques. Le premier album a été composé très vite après la formation du groupe, on a un peu jeté toutes nos idées dedans sans trop y réfléchir. Du coup, 1 an après sa sortie et avec du recul, tu réfléchis autrement quand tu commences à composer le deuxième...

Ce qui est sûr c’est que nous nous connaissons beaucoup mieux maintenant et que cela se ressent dans la cohésion musicale de l’album. Nous avons pris énormément de temps pour peaufiner les morceaux, n’hésitant pas à mettre à la poubelle de nombreux riffs et à chambouler les structures des morceaux. Ce processus est beaucoup plus complexe mais au final on pense n’avoir gardé que le meilleur pour cet album.

Pour répondre à la 2e partie de ta question, on positionne cet album comme... "L’album de la maturité".... bon ok, non, c’est vraiment trop naze comme expression, ahahah ! Pour nous c’est une évolution plus complexe et recherchée mais aussi plus naturelle, faire un copier/coller du 1er ne nous aurait pas apporté grand-chose...



On sent à l'écoute une certaine décontraction de votre part, comme si que la phase d'écriture, puis d'enregistrement en studio avaient été un véritable plaisir pour vous. Je me trompe ?
Guillaume
 : Ecoute, c’est vrai que l’expérience de chacun fait qu’on est plutôt décontract’ dans notre esprit quand on joue ensemble, et le fait que tu ressentes cela dans l’album, ça nous fait plaisir et c’est génial ! après dire que la phase d’écriture et d’enregistrement est un "véritable plaisir", faut relativiser... Comme je te l’ai dit avant, la phase de composition a été plus complexe et donc parfois psychologiquement éprouvante. Avant on prenait tels quels les morceaux de chacun, là on s’est retrouvés à se triturer le cerveau, non seulement pour que tout le monde soit satisfait des riffs mais aussi pour que les morceaux sonnent de la meilleure façon possible. Durant cette période, Cham (manager à l’époque) à été d’une immense aide en apportant ses idées et en tranchant parfois lorsque l’on n’était pas d’accord.

La période d’enregistrement à été plus relax pour les instruments car nous sommes allés chez Francis Caste (SNA-FU, COMITY, HANGSMAN CHAIR...) qui nous a fait bénéficier de tout son savoir-faire ! L’enregistrement des voix a été un peu plus galère car, faute de moyens, nous l’avons fait à la maison avec les moyens du bord, ce qui a été beaucoup plus complexe à gérer !

Cham : Un grand merci au passage à Florian Caro et Victor Teixeira de HOGWASH pour leur aide inestimable sur l’enregistrement des voix !!!

Deux mots sur l'artwork, assez original à mon sens (tout comme l'était celui du premier album). Où êtes-vous allés le chercher ? Et l'oreille qui saigne, c'est pour mettre en garde l'auditeur (ahahah !) ?
Cham
: c’est Roulio qui officie dans ASHES et qui bosse avec l'asso havraise Ben Salad qui a réalisé la pochette.
Guillaume : C’est un ami à nous, et il l’a fait en un temps record ! Chapeau l’artiste ! En fait on avait l’idée des mayas et des motifs du calendrier Inca depuis le début, on en a fait part à Roulio en lui laissant carte blanche ensuite... et le résultat est là ! Concernant l’oreille, il faudra lui demander, c’est sans doute ce que lui a inspiré le titre de l’album, en tout cas nous, on adore !

Vous êtes toujours signés chez le label punk Guerilla Asso. Pas de raison d'aller voir ailleurs pour l'instant ?
Guillaume
 : Nous sommes signés chez Guerilla Asso et Musical Bridge, le label de Cham. Pour le moment en France nous sommes bien sur ces 2 labels, c’est surtout à l’étranger que nous aimerions trouver des structures pour nous épauler ! C’est clair que c’est très difficile de te développer en Angleterre, en Allemagne ou aux USA si tu n’as personne sur place pour te filer un coup de main...

S'il fallait choisir : CROSSING THE RUBICON, plutôt punk ou plutôt stoner ?
Guillaume
 : Impossible à dire pour moi, j’aime les 2, même si je serais plutôt BLACK SABBATH que THE CLASH personnellement, mais ce n’est pas le cas de tout le monde dans le groupe ! En tout cas nous on adore ce style un peu hybride qui ne nous catalogue ni dans l’une ou l’autre scène. Ça nous a permis de jouer avec des groupes de punk rock classiques, de hardcore, de post-hardcore, de screamo ou de grind !

Tournez-vous beaucoup en région parisienne ? Et la province ?
Guillaume
 : Nous avons énormément tourné à Paris au début bien sûr, mais là nous ciblons plutôt la province. Nous avons fait 2 tournées en France et on essaye de jouer hors Paris assez régulièrement.

Quand tu évolues dans notre style de musique c’est clair que le "live" est un point essentiel pour ton groupe, il faut essayer de jouer partout et aussi souvent que possible ! Ce n’est pas toujours évident à gérer car on a tous un boulot à coté mais on s’en sort pas trop mal pour le moment ! Faut juste être bien organisé !

Vos plans, d'ici le 21 décembre 2012 ?
Guillaume
 : C’est vrai que la fin du monde ça va arriver vite, ahahah !!!
On a plein de plans de prévus début 2012 au niveau tournée et collaboration diverses (split ou autre...) mais rien n’est confirmé à 100% donc nous préférons laisser un peu de suspense !
Cham : Alors en fait, pour tout te dire on va se mettre à...

Merci d'avoir consacré un peu de votre temps, on vous laisse le mot de la fin !
Guillaume
 : Merci à toi pour cette interview et pour le soutien de Metalland depuis notre 1er album, on apprécie !
Cham : Bravo !

Head!
20.11.2011