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Interview de Dagara

Dagara

Ils sont captivants par l'énergie qu'ils déploient sur scène ou sur album, nul doute que DAGARA est un groupe d'une grande qualité qui mérite de ce fait de l'attention. Ainsi une interview se devait d'être faite pour en apprendre plus sur la formation parisienne.


DAGARA est un groupe de Metal/Hardcore de la région parisienne si je ne me trompe pas, vous vous êtes formés en 2007 et cela fait maintenant 8 années que vous créez votre art musical. Néanmoins pourriez vous m'en dire plus sur le passé de de votre formation? A-t-elle toujours été comme elle l'est depuis ses débuts?

(Jimmy) : DAGARA s'est effectivement formé à la fin de l'année 2007, le temps passe bien vite! Il n'y a que Gaël et moi-même qui sommes des membres d'origine. Au départ, nous étions une petite bande de potes rencontrée via des annonces Internet. Nous n'avions pas de percussionniste. Nous vivions nos premières expériences musicales en tant que "groupe". C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle j'avais décidé de monter un projet plutôt que d'intégrer une formation déjà en place. Pour prendre le temps d'appréhender les différentes ficelles "du métier" comme je dis souvent. Nous n'avions aucune ambition particulière à cette époque, même si nous avions la volonté d'avancer le plus loin possible. Nos ambitions restaient en vérité à la hauteur de notre niveau. Nous avons enregistré un premier EP en 2008 avec les moyens du bord et nous avons commencé à nous faire les pieds sur la scène francilienne. Et puis, comme pour beaucoup de groupes débutants, les choses ont évolué petit à petit. Après un second EP en 2011, des divergences musicales et parfois même humaines ont amené certains changements dans le line-up. Jusqu'à cette formation actuelle, solide depuis maintenant trois ans.

Qu'est ce qui vous a amener à travailler ensemble?

(Jimmy) : Je pense que ce qui nous pousse à travailler ensemble, c'est que malgré nos différences nous parvenons à nous réunir autour d'une passion commune et d'un désir de créer et d'exprimer quelque chose. Nous sommes six personnalités singulières qui recherchons à converger vers un même objectif. C'est cette unité recherchée qui nous amène peut-être à créer tous ensemble. Après, évidemment l'alchimie humaine est également très importante pour travailler ensemble. Nous sommes un groupe soudé et cette unité nous la ressentons aussi bien sur scène qu'en dehors.

Pourrais tu me redire qui fait quoi dans le groupe à l'heure d'aujourd'hui?

(Camille) : DAGARA, c’est Jimmy au chant, Maxime au chant et percussions, Gaël à la basse, Gwenn-Hoël et Alexandre aux guitares, et Camille à la batterie. Cette équipe est donc stable depuis plus de trois ans, on a tous appris à bosser ensemble dans une belle harmonie, en exploitant au maximum les forces et ressources de chacun.

Je me demandais par quel(s) site(s) internet vous êtes vous rencontrés à l'époque?

(Jimmy) : Les recrutements successifs se sont principalement faits par la plateforme dédiée du site zikinf.com, très fonctionnelle à notre avis. Le petit réseau de musiciens qui nous entourent ou avec qui on a collaboré a fait le reste. Chaque “touche” a bien évidemment été complétée par une audition/rencontre (et d’une session au bistrot, cela va de soi) afin de s’assurer que la recrue potentielle dispose des qualités musicales et humaines exigées par le projet.

Après même si c'est subjectif, comment réussissez vous à continuer à être soudé depuis 3 ans malgré vos différences musicale etc (surtout au nombre de 6 dans un groupe)? Cette unité se ressent, comme Jimmy et Max lorsque je vous ai vu sur scène, il y avait une belle alchimie entre eux deux pour reprendre le mot employé par Jimmy et c'était saisissant !

(Camille) : On fait de la musique ensemble certes mais on est également une belle bande de copains! Se retrouver plusieurs fois par semaines pour répéter, se concerter ou boire des coups ou partir en tournée à six dans l’intimité d’un van, vivre des situations merdiques puis festoyer ensemble pour les oublier et repartir du bon pied. Ca fait ressortir le meilleur de chacun et ça rapproche. Le hasard a aussi eu le bon sens de mettre à disposition du groupe six personnalités originales sans points communs apparents avec des vécus très différents, mais extrêmement compatibles. On connait par cœur les caractères de chacun, on peut presque anticiper nos réactions respectives, on a appris à travailler avec et à tous se respecter. Enfin et au risque de répéter à nouveau ce que vient de dire Jimmy, on est réunis autour d’une passion commune qui nous anime profondément. On est tous prêts à sacrifier beaucoup pour notre musique!

Est-ce que vos ambitions ont changé depuis vos débuts?

(Camille) : Nos ambitions ont évolué, bien sur. Comme le disait Jimmy, il s’agissait au départ d’apprendre à faire de la musique pas trop dégueulasse, si possible de donner quelques concerts pour partager ça avec nos potes puis d’enregistrer une galette rudimentaire pour avoir une carte de visite et un souvenir à partager avec une possible progéniture. Lorsque ce stade a été atteint, les ambitions ont évolué. Le groupe a progressé musicalement et s’est progressivement fixé de nouveaux objectifs : enregistrer un album plus abouti. Mais aussi essayer de jouer dans de plus grandes salles offrant de meilleures conditions, voyager et faire des tournées, voir notre nom à l’affiche de petits festivals de région. Aujourd’hui que cet objectif est en train de se concrétiser, nous pensons à la prochaine étape. Nous espérons avoir l’honneur d’ouvrir pour des groupes à rayonnement (inter)national plus fréquemment. Nous essayons de nous entourer d’une équipe fiable pour le management/booking, le son, les lumières. Nous travaillons à organiser d’avantage de tournées avec l’objectif de passer un mois par an sur les routes au minimum. Nous essayons de conclure des partenariats pour obtenir du matériel dont nous avons besoin et envie et avoir le soutien des entreprises qui le conçoivent. Et comme tout groupe, nous rêvons d’une consécration sur les planches du HellFest!

En bref, nos ambitions se construisent et évoluent au même rythme que le groupe lui-même. On ne s’est pas rencontrés à 20 ans en se promettant via un pacte sanguin ou salivaire de devenir le plus grand groupe de metal du monde! Ce n’est toujours pas le cas, on essaie simplement de faire de notre mieux et de continuer à avancer.

Si je résume DAGARA est une aventure humaine musicale riche en partages et en émotions ! Justement au vu de la diversité que possède votre groupe pourriez-vous me dire quelles sont les influences de DAGARA en terme musical pur et dure.

(Gwen) : Au niveau de nos influences, il y a à boire et à manger! Nous sommes forcément influencés de prime abord par la musique Metal dans son sens large. Elles peuvent partir aussi bien du Heavy, en passant par du Rock à l'ancienne que par du son plus brutal comme... JUSTIN BIEBER par exemple! Justin c'est pas du Metal? Comme il se drogue j'ai cru (rires)! Plus sérieusement, je pense qu'il est tout d'abord difficile de cacher nos influences Thrash et Hardcore tirées de groupes comme SEPULTURA, SOULFLY, La CAVALERA entreprise quoi ! Cela va notamment se ressentir dans le mix entre les percus et les riffs. Ensuite, il y a aussi de l'influence plus Black/Death à travers les envolées de blast beat de Camille qui est un amateur du genre. Ajoute à cela la touche Lamb of Godienne d'Alex et sa tendance à parsemer d’une petite lead certains riffs et le groove imparable de Gael à la basse (dit le Cliff Burton espagnol), ainsi que les voix ravageuses de Jim et Max et on obtient un mélange très Metal. Libre aux gens après de nous classer dans la catégorie qui leur convient le mieux. Nous faisons le son qui nous plaît sans nous poser vraiment la question du style. Nous sommes au moins 6 fans qui suivons le groupe régulièrement, c'est déjà pas mal!


Aussi quelles sont les influences abordés sur le plan thématique comme sur l'album La Route du Chaos dans vos chansons?

(Jimmy) : En ce qui concerne la thématique des paroles de La route du chaos elle s’inscrit dans le thème assez vaste de l’existentialisme. Je pars du principe que l’individu est un être unique, maître de ses actes, de son destin mais également de ses valeurs. Les sujets principaux abordés dans cet album sont la recherche et le sens de sa liberté, la peur, la difficulté de se retrouver face à soi-même, le néant, l’aliénation de soi par soi-même etc. Mais aussi la difficulté à trouver sa place par rapport à l’autre. Car sans l’altérité, se définir une identité est sans doute impossible. En somme la thématique des paroles fait souvent référence à tout ce que ce chemin vers soi-même, cette route du chaos induit comme conflits intérieurs. Mais il y a toujours, malgré tout, cette volonté de transcendance qui est récurrente. En somme cette volonté de trouver la délivrance après le chaos. J’essaie d’exprimer toute la difficulté que nous pouvons rencontrer dans la recherche de ces différents aspects. Après les paroles sont volontairement très imagées et symboliques dans le but que chacun puisse y apporter sa propre interprétation en évitant de tomber dans ce schéma trop simpliste du donneur de leçons. Chacun est libre de penser. S’il y avait un message à transmettre à travers cette thématique, ce serait justement cette importance du libre-choix. Peu importe où mène notre route, l’important est de se rendre compte que nous avons toujours le choix. Que la liberté, c’est choisir. Et non pas comme on peut souvent l’entendre, l’absence de barrière ou de limite. C’est comme ça en tout cas que se conclut cet album.

Pourriez vous à présent me renseigner pour savoir comment se passe la composition ? Est ce qu'on est sur un système je dirais "démocratique" où tout le monde participe ou alors seulement un membre ou deux composent le tout?

(Gwen) : L'objectif principal quand on compose c’est d'essayer de transmettre ce kiff au public et qu'ils en prennent pleins les esgourdes. Je dirais que le travail de composition s’effectue à 50/50 entre le boulot chez soi et en répète. Grâce à la magie de la MAO, Alex et moi-même composons des riffs et parfois même des structures entières quand nous sommes tranquillement chez nous. Ensuite, il est nécessaire de partager tout ce premier travail avec les autres membres via la magie d’Internet. El maestro Camille revisite la structure en y apportant son style (blaaaaast!) puis Gaël Burton, Jim et Max viennent y ajouter leurs touches personnelles, ainsi que les paroles. La structure des compos se met généralement en place en répète, collectivement. Pour moi la composition c’est en fait une sorte de partie de Lego où l’on fabrique quelque chose d'homogène et cohérent ensemble. C’est une construction qui doit nécessairement nous faire ressentir quelque chose de particulier. A mon humble avis, il n'y pas de bonne ou de mauvaise méthode de composition. Il faut toujours expérimenter et exploiter toutes sortes de façons de faire, même s’il est vrai que la MAO (Cubase et compagnie) a grandement contribué à faciliter la tâche des musiciens dans ce domaine. Il nous semble vraiment primordial dans tout ce boulot de compo que tout le monde donne son avis. C’est dans cette cohésion en répétition, c’est dans ce partage d’émotions dans le groupe qu’une composition va véritablement prendre vie.

Vous avez également cette diversité qui rend votre musique intéressante et captivante. Je prendrai comme exemple l'ajout du gros fût de percussion et le djembé utilisé par Max. D'ailleurs comment l'utilisation de ces deux instruments sont ils venu à s'intégrer à la musique du groupe? Comment Max en est-il lui même venu à jouer de ces deux instruments?

(Jimmy) : L’ajout de percussions à la musique de DAGARA est venu assez naturellement à vrai dire. Il y a un peu plus de quatre ans, quand nous n’étions plus que deux (Gaël et moi-même), il a fallu refonder tout le groupe et vraiment se poser la question de l’univers musical que nous souhaitions mettre en place. Je pense que parvenir à se créer un univers musical est peut-être ce qu’il y a de plus compliqué aujourd’hui pour un groupe de musique. L’idée d’intégrer des percussions à nos compositions nous a semblé intéressante. Le fait de mélanger des instruments traditionnels dans un style de musique amplifiée me trottait dans la tête depuis pas mal de temps. D’une part pour le côté tribal, pour le côté dansant, presque festif que les percussions sont susceptibles d’apporter sur certains passages, mais également pour l’aspect visuel que l’utilisation de ces instruments peuvent engendrer sur scène. Il n’était pas question d’avoir un mec assis sur une chaise dans son coin à taper sur des bambous, même si ça lui fait du bien ! Dans cette réflexion, il nous semblait primordial que l’utilisation de ces instruments enrichisse la musique et le jeu de scène. Quand une formation a commencé à reprendre forme, nous avons posté une annonce pour recruter un percu intéressé par un projet metal, et nous sommes tombés sur Maxime. Il était tout stressé à sa première audition. C’était un dimanche matin. Heureusement, j’avais une bouteille de pinard dans mon sac, ça nous avait tous très vite détendu (rires)!

(Maxmime) : J'ai toujours été un grand fan de metal mais j'écoute volontiers beaucoup d’autres styles musicaux parfois bien différents. A l'âge de 12 ans, mon rêve était de faire de la batterie dans un groupe de metal. J'en avais une chez mes parents mais malheureusement, je n'ai pu la garder longtemps par manque de place. Mon envie de taper sur des fûts étant toujours aussi forte, j'ai alors décidé d'apprendre les techniques liées aux percussions africaines (et puis un djembe ça prend moins de place). Par la suite j'ai décidé de diversifier cet apprentissage en intégrant une batucada et ainsi jouer sur des rythmes venant d'Amérique latine. Lorsque j'ai entendu parler d'un groupe de metal qui recherchait un percussionniste, il n'y avait pas de doute possible, cette annonce était faite pour moi!

Vous avez deux chanteurs à l'heure actuelle, comment est venu l'idée que Max partage le chant avec Jimmy lors de son intégration au groupe ? (Au lieu de le prendre seulement comme percussionniste)

(Jimmy) : Quand Maxime est arrivé dans le groupe nous avons eu tendance à poser de la percussion un peu partout. Du début à la fin de chaque composition. On peut s’en apercevoir sur l’EP La Règle du Je, il y en a vraiment partout ! Dans ce premier album, on a repensé à l’apport de la percussion. Nous en avons moins mis, mais nous en avons mis de manière plus efficace. L’arrivée de Camille à la batterie nous a permis de beaucoup mieux réfléchir toutes ces parties par rapport aux compos du précédent EP. D’enlever ce qui n’était pas forcément utile et d’enrichir et de mettre en valeur ce qui pouvait l’être. Perdre en quantité pour gagner en qualité, c’était ça l’esprit pour résumer. De ce fait, logiquement, Maxime a eu les mains plus souvent vides sur scène. L’idée du partage du chant est venue de là. Sur l’EP, Maxime faisait déjà quelques backing intéressant. La complémentarité de nos deux voix nous a tout de suite plu. Alors quand il a été question de l’album, on s’est dit que dès lors qu’il y avait moins de percussions, voire pas du tout sur certains morceaux, il serait vraiment sympa de valoriser l’apport de nos deux voix. Petit à petit, quand j’ai composé les textes, j’ai commencé à réfléchir à un plus grand partage des voix, à penser à des sortes de questions-réponses notamment. Avec une fois de plus, la volonté d’enrichir la musique et l’aspect scénique.

Niveau thématique comptez vous garder ce concept de liberté de l'individu ou alors changer et parler de choses plus personnels qui tiennent plus à coeur par la suite?

(Jimmy) : En ce qui concerne ta question sur la thématique du prochain album, je pense qu’il est encore un peu trop tôt pour te répondre. Nous commençons tout juste à le composer ce prochain album, il n’y a que trois ou quatre compos de prêtes au moment où je te réponds. Je pense garder cette idée d’existentialisme, mais de l’élargir davantage. De beaucoup moins me centrer sur le concept de liberté de l’individu, et peut-être me concentrer sur des textes plus introspectifs. Sur le quotidien, les émotions de l’instant présent, l’importance et le rôle du passé, de l’expérience etc. Je n’en dis pas plus, tout ça est encore un peu flou pour le moment. Toujours est-il que tout comme pour La route du chaos, il sera question de sujets qui me tiennent très à cœur.

D'où vient plus précisemment l'inspiration pour les paroles? C'est à dire t'inspires-tu d'auteurs ou juste de la vie de tous les jours?

(Jimmy) : L’inspiration des paroles vient de pas mal d’horizons différents. Je lis beaucoup et de tout. Forcément, puisque j’ai évoqué à plusieurs reprises l’existentialisme, il va y avoir une inspiration de quelques lectures philosophiques. Je pense notamment à Jean-Paul Sartre. J’ai d’ailleurs repris quelques-uns de ses concepts comme le "libre choix" et "la mauvaise foi" dans certains titres, ou encore des formules comme « l’existence précède l’essence » dans "Au bout de l’impasse", en guise de gros clins d’œil à ces inspirations. Je tiens tout de même à préciser que je n’ai nullement la prétention de maîtriser la pensée de ces auteurs et encore moins celle de proposer des textes de chansons philosophiques. C’est simplement de l’inspiration. Je me sers de ces quelques notions pour en faire une histoire à ma sauce, en me servant de ma propre expérience, de ma propre interprétation, et de mes propres ressentis. En m’éloignant aussi parfois du sens originel.

J'aime la philosophie qu'elle soit plus ou moins profonde intégrée dans une thématique d'album, mais je pose la question suivante : Comment réussir à savoir quelles sont les limites de sa liberté? Après comme dirait Reuno "Y'a pas de haut, pas de bas, tout dépend en quoi tu crois". Néanmoins si je comprend bien l'idée développée dans l'opus, c'est que nous devons choisir notre propre liberté mais que le chemin est incertain?

(Jimmy) : Comment réussir à savoir quelles sont les limites de sa liberté, c’est une excellente question. Sartre disait que la vérité absolue n’existe pas. Il disait aussi que l’Homme lui-même est liberté. Les limites de ma liberté ne seront sans doute pas les mêmes que les tiennes. La limite de sa liberté se trouve peut-être là où se décide un choix. C’est nous qui façonnons ce que nous croyons être juste ou vrai. Nous sommes responsables devant nous-même, responsables de nos actes. Réussir à savoir quelles sont les limites de notre liberté ne va pouvoir se faire qu’en réfléchissant, en pensant ses limites, puisque nous sommes également maîtres de nos pensées. La limite de sa liberté ne peut se concevoir à mon sens sans la conscience de son libre choix. Je ne suis pas libre, si je n’assume pas mon choix. Je deviens esclave de moi-même si mon choix engendre le remord, le regret immédiat. C’est ce qui arrive parfois quand la pulsion guide le choix plutôt que la réflexion.

D’un autre côté, je suis libre dès lors que j’assume mes erreurs parce que parfois le chemin que nous prenons n’est finalement pas le bon pour nous. Il faut en prendre un autre. Faire machine arrière. Accepter et comprendre l’erreur. Ne pas accepter ses erreurs pourrait d’ailleurs être une des limites de sa liberté. En fait, la limite de sa liberté pour faire référence à un de nos titres, ça serait peut-être "la mauvaise foi" qui est une fuite devant la liberté pour Sartre. Si j’ai le ressenti que « la liberté est mon pire fardeau » alors j’en ai probablement atteint une limite. Être attentif à son ressenti est primordial pour réussir à savoir quelles sont les limites de sa liberté. Et nous n’avons évidemment pas les mêmes ressentis face à une même situation, face à une décision à prendre. Je ne sais pas si j’ai bien répondu à ta question, mais toujours est-il que tu sembles parfaitement avoir pigé l’idée développée dans cet opus !

Pour revenir sur un aspect strictement musical, du fait que les percussions marchent plutôt bien, avez-vous envie d'éventuellement rajouter d'autres instrus de ce genre (commme le batacuda de Max) ou peut être d'autres instrus typique d'un pays ou d'une culture ? Ou peut être désirez vous amener une touche de modernité "électro" ou autre? (ce qui ferait un contraste avec les percussions) Ou alors vous en tenir à ce que vous faites?

(Jimmy) : Nous ne recherchons pas l’originalité à tous prix. Le but n’est pas d’être original pour être original, mais bien de proposer une musique qui soit à la fois riche et efficace. La question se pose parfois de rajouter d’autres sortes de percussions, d’autres instruments, qui pourrait aller dans le sens de ce que nous faisons déjà actuellement. Il n’a jamais encore été trop question d’aller au-delà de tout ça. Après, c’est vrai que c’est toujours intéressant de tester des nouvelles choses en musique. Il y a des possibilités infinies, des tas d’expériences à essayer. Je pense que nous pouvons encore creuser pas mal d’horizons différents rien qu’à travers les percussions, avec de nouvelles rythmiques par exemple. Nous avons la chance d’être un groupe très ouvert, donc tout est possible. On en saura plus dans les mois à venir, comme je t’ai dit nous n’en sommes qu’aux prémices de la composition du nouvel album. Si un jour Gwenn se pointe en nous disant, « Putain les mecs, je verrais bien un petit solo de trompette, entre 2.31 et 2.45 » et bien on y réfléchira, et on cherchera un mec capable de nous enregistrer ça !

Par ailleurs vos deux voix me rappel un groupe comme Black Bomb A par exemple, si vous me permettez la comparaison par ce contraste entre voix grave et aigue. Comptez vous continuer à travailler d'avantage ce contraste (du coup pour accentuer cette idée de questions-réponses ) ? Egalement par moment il y a des passages chant clair dans vos chansons qui sont "rapés" est ce quelque chose que vous voulez développer ?

(Jimmy) : Je suis un fan de la première heure des Black Bomb A donc la comparaison est plutôt flatteuse ! D’ailleurs, nous allons partager la scène avec eux le 30 mai prochain. Je pense que c’est effectivement un aspect que nous allons continuer de travailler sur le prochain album, cette alternance voix grave et voix aigue, tout comme les passages un peu plus « rapés ». Ce sont deux aspects qui ont souvent été valorisés dans les différentes critiques de La route du chaos et qui nous ont bien plu à nous aussi.

Autre question, du au fait que la partie scénique vous tient à coeur (comme la plupart des groupes me direz vous) : Est ce que l'esthétique compte pour vous ou pas du tout? En résumé : Pensez vous ainsi avoir définit "en partie" votre style ou alors allez vous continuer d'évoluer?

(Jimmy) : Je ne sais pas vraiment ce que tu entends par esthétique. Nous aurons peut-être chacun un avis différent sur cette question dans le groupe. Pour moi, c’est très important d’en tenir compte. A mon sens, ce qui manque encore un peu à Dagara aujourd’hui d’un point de vue purement esthétique, c’est vraiment cette identité, ce « style » qui va faire qu’on va nous reconnaitre tout de suite. Mais peut-être que je n’ai pas assez de recul pour savoir ça. Tu prends un groupe comme ROTNS (Ndlr : RISE OF THE NORTHSTARS), qu’on aime ou qu’on n’aime pas, ce truc ils l’ont carrément trouvé. L’esthétisme va de pair avec leur son. Bon on ne va pas commencer à jouer en boubou sur scène sous prétexte qu’on intègre des percussions africaines dans nos compos (rires)! Il nous manque cette petite touche d’après moi, mais ça va venir ! Après, si tu parles d’un point de vue purement scénique, je pense qu’on peut dire qu’un certain « style » DAGARA existe déjà. Un style très énergique, ça bouge beaucoup. il y a énormément de partage entre nous sur scène, une grosse complicité et puis rien n’est figé. On peut avoir un style mais continuer d’évoluer, les deux ne sont pas incompatibles.

Pour faire un dernier retour sur les idées dévéloppés dans tes textes, elles font réfléchir et c'est ça le but, qui est plutôt évident (je suppose) de tes textes? Est tu le seul (Jimmy) à écrire les textes ou Max participant au chant compose-t-il des textes? (Ou même un autre membre). Après si les textes sont plus introspectifs pour reprendre tes mots, je présume que tu es seul à écrire les textes?

(Jimmy) : Je suis le seul à écrire les textes du groupe, effectivement. Si mes textes font réfléchir certaines personnes, alors j’en suis flatté, même si je n’ai vraiment pas la prétention de pouvoir faire réfléchir qui que ce soit. Je ne pars jamais du principe que je vais écrire dans ce but précis mais si mes textes peuvent servir à d’autres personnes que moi, c’est sans doute une bonne chose. Après, j’aime beaucoup l’idée qu’un même texte puisse engendrer des interprétations différentes selon les personnes, c’est toujours plaisant d’échanger à ce sujet.

Pour ce qui est de la scène, vous allez partagez les planches avec BLACK BOMB A le 30 mai mais est ce que d'autres dates sont prévues dans un futur plus ou moins proche ? Ou peut être une tournée?

Nous sommes également programmés le 25 juillet au PYHC Festival, en compagnie des SMASH HIT COMBO notamment. Début Septembre nous serons à La Scène Michelet de Nantes, deux tournées européennes sont en cours de négociation également, en octobre, et une autre pour le printemps 2016. Mais tant que rien n'est certain encore, on préfère ne pas en parler pour le moment!

Sinon dans un futur proche ou lointain, avez vous déjà commencer à composer pour la suite de La Route Du Chaos ou vous n'êtes pas encore dans ce processus? Comptez continuer à le faire de manière autoproduite?

Nous avons bien entendu déjà commencé à composer des titres du nouvel album, on doit avoir pour le moment trois ou quatre compos dans la boite. Même s'il faudra encore quelques petites retouches dessus au fur et à mesure. Concernant l'autoproduction, je pense que nous n'y échapperons pas. Ce qu'il nous faudrait en revanche c'est un bon label de distribution!

Aussi je note que le nom de votre adresse mail par laquelle on communique est "Dagara.Asso", je suppose que vous tenez une association? Si oui, pourriez vous me renseigner un peu plus sur cette association?

Le groupe, comme beaucoup d'autres, est constitué en association. Ce qui nous permet de jouer et d'être plus facilement payé par certaines salles subventionnées. L'association Dagara est simplement la structure de management du groupe. Elle nous permet également d'organiser quelques concerts de temps en temps.

Sinon j'espère vous revoir le plus vite possible par chez moi en concert et l'interview se terminant (à moins que vous ayez des choses à ajouter) je vous laisse la citation de la fin!

On espère revenir jouer par chez toi à l'occasion également! Pour la sortie d'album, je dirais certainement pas avant la fin de l'année 2016... Comme dirait le proverbe, rien ne sert de courir... ça fatigue! Ca sera la citation de la fin, merci à toi pour tes très bonnes questions et pour l'intérêt que tu as porté à notre projet!


MrGuitoune
04.06.2015

Groupe : Dagara
Label : Autoproduction