
Metallica + Within Temptation + Gojira - Festival Rock en France (14.08.2008)


"The place to be", en cette mi-août, c'était bien la ville d'Arras, chef lieu du Pas-de-Calais. Grâce à la puissante société américaine Live Nation (qui provoque d'ailleurs un sérieux vent de panique dans l'industrie musicale, je vous invite vivement à vous y intéresser), le mastodonte METALLICA a pu y poser ses flight-cases, et rameuter pas loin de 25000 pèlerins à la grande messe du métal.
Avant cela, nous aurons eu le droit à un filtrage interminable à l'entrée de la Grand Place, façon marée humaine qui se vide dans un siphon de baignoire, puis à une progression par paliers aboutissant à une deuxième fouille, le genre d'épreuve dure pour les nerfs et jamais vue en festival pour ma part... Le plus important là dedans était de ne pas manquer la prestation de nos frenchies favoris de GOJIRA, qui investissent la scène peu après notre arrivée.
Relativement clairsemée, la foule déjà présente ne manquera pas un concert impeccable sous un soleil de moins en moins timide (fait rare au pays des ch'tis, héhé !). Sans surprise, le groupe se montre professionnel à son habitude et dispose tout de même d'une sacré patate en terme de puissance sonore pour une première partie. La Grand Place subit les assauts d'une section rythmique basse-batterie tellement pachydermique que distinguer clairement le chant et les guitares là dedans demande une connaissance préalable des morceaux, au risque d'avoir l'impression d'assister à une démonstration bovine au possible ! Et à bien observer certaines mines dubitatives autour de moi, ça semble être le cas ! Qu'importe, je me délecte du "Lizard Skin" d'ouverture, puis des énormes "Clone", "Backbone" et autre "Remembrance" assénés par la suite. Quel panard ! Un cameraman se régale du fameux jeu de scène de Jean-Michel à la basse, pas évident à cadrer tellement il donne sa personne; j'imagine qu'il perd un bon litre de flotte à chaque prestation. Tandis que Mario (batterie) et Christian (guitare) font leur boulot, Joe la joue frontman charismatique discret, sans se forcer, et rend hommage au maître durant le set : "GOJIRA existe grâce à METALLICA". "Et MORBID ANGEL" serais-je tenté de dire, tant l'ambiance dégagée rappelle cette influence. Au rayon nouveauté nous seront présentées "Toxic Garbage Island" et "Vacuity", deux chansons un peu plus conventionnelles (attendons l'album pour un avis définitif), mais toujours empreintes de ce groove "dinosaure" si caractéristique.
Le temps de causer autour d'une mousse, et de se taper un sandwich à un tarif décent, voilà WITHIN TEMPTATION qui installe son décorum gothique : gargouilles de part et d'autre de la scène et projection d'un fond à l'effigie du groupe. WITHIN TEMPTATION, le sujet épineux de cette soirée... Digne représentant du métal gothique à chant féminin pour les uns, soupe variétoche-métal sans grand intérêt pour d'autres, j'avoue que je me situe un peu entre les deux. Visuellement tout d'abord, il faut avouer que la présence scénique de nos amis attire l'attention, enfin, disons que le sublime décolleté qu'offre le corset rouge de la demoiselle est à même d'activer la libido du métaleux de base ainsi que ses réactions verbales en tout genre (c'est bien connu pour être fin, un métaleux). La miss, souriante d'un bout à l'autre du set, lève le poing avec une ferveur communicative certes, mais la mixture musicale me paraît un peu trop convenue, en tout cas pas assez captivante pour réellement retenir mon attention. Il y a du EVANESCENCE là dedans, au milieu de titres plus intéressants, dont le morceau phare "Ice Queen", seul moment où je me serai "investi" dans le concert. Du reste, cette heure de live représente l'opportunité idéale pour organiser une mission pisse, acheter son vingt et unième t-shirt METALLICA, ou casser la croûte...
Une longue attente nous amène au crépuscule. On sent la tension monter d'un cran, l'impatience se traduit à coup de "METALLICA" beuglés comme si la survie de l'humanité en dépendait, les four horsemen se font désirer. La place prend des allures de fête quand du haut d'une fenêtre, un petit groupe attire tous les regards : hop là, une exhibition de fessier poilu ! Paraît que la nana a montré ses seins aussi... Toi aussi vit ton instant de gloire devant plus de 20000 personnes ! Mais les choses sérieuses commencent lorsque "The Ecstasy of Gold" résonne sur les pavés de la Grand Place. On retient son souffle et le classique "Creeping Death" électrise l'assemblée en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Nous voilà happés dix mètres en avant, effet saisissant. Telle une communion parfaite placée sous le nombre de la bêêête, chaque couplet, chaque refrain, chaque solo pas trop speed de Kirk est repris en choeur par un public dévoué corps et âme à nos quatre superstars du rock... Et comme ils ont l'air, en plus, d'être en meilleure forme scénique que ces dernières années, le plaisir qu'ils semblent prendre à jouer et à communiquer avec nous est contagieux. James chante fichtrement bien et plaisante de temps à autre, Kirk a réappris à jouer correctement ses parties de lead, Lars limite le nombre de pains, et Rob se veut plus gorille que jamais. Dans le coeur des vieux de la vieille, il n'y aura rien de tel qu'un fameux "Ride the Lightning" déclencheur de pogo pour leur donner le frisson après un "For Whom the Bell Tolls" fédérateur. Et oui, METALLICA qui expédie trois morceaux de l'album en question en ouverture de set, c'est devenu possible en 2008, et ça te met la trique ! Avec une set-list quasi-entièrement dédiée à son passé glorieux (jusqu'au Black Album), METALLICA redore, si besoin était, son blason d'icône thrash pure et dure (même Kill 'Em All y passe c'est dire). On attendait également, un peu craintifs, un nouveau morceau du Death Magnetic à venir. Surprise, une bonne partie du public chante déjà les paroles sur le refrain, merci Youtube ! "Cyanide", c'est son nom, se présente donc comme un titre à tiroirs plein de riffs et de breaks, pas spécialement transcendant, mais fruit d'une volonté d'aller de l'avant en refusant la facilité. C'est tout à l'honneur du groupe, qui quoiqu'il en soit nous coupera toujours le souffle avec son arsenal pyrotechnique sur "One" et provoquera une nouvelle émeute sur son éternel classique, "Master of Puppets". Bien entendu, certaines bombes manquent à l'appel, on pense à "Battery", "Fuel" ou "Harvester of Sorrow", mais en l'espace de deux heures et des brouettes, METALLICA aura infligé une belle claque, redonné la sourire à ceux qui croyaient de moins en moins au pouvoir attractif de la formation sur scène... A l'heure fatidique des lancers de médiators et des remerciements, on n'a qu'une envie : qu'ils remettent le couvert en France le plus vite possible !
Head!
25.08.2008
| Evènement : Metallica + Within Temptation + Gojira Libellé : Festival Rock en France Photos : 0 |
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