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Gojira + Trepalium - L'Atabal (20.02.2009)

Gojira + Trepalium - L'Atabal

Certaines occasions sont immanquables. Voyez-donc : GOJIRA qui termine sa tournée française en compagnie de TREPALIUM par deux dates à domicile, le vendredi 20 et samedi 21 février à Biarritz, avant de faire un break pour repartir courant Mars en Grande-Bretagne... Plutôt que de choisir entre une des deux soirées, nous décidons carrément de nous payer la totale, avec nuit dans la caisse et alimentation energy-food/drink à la clé. Roots ! C'est aussi pour se venger d'une précédente date devenue très vite complète, à notre grande surprise : celle à la Rock School Barbey de Bordeaux (où a été tourné le DVD live The Link Alive en 2003).


Vendredi

Une crevaison plus tard (dédicace à Alex avec qui je fais la route, gros malchanceux de ce début d'année), titine est enfin prête à traverser le paysage landais récemment dévasté pour atteindre le pays des indépendantistes du 64. Pas de difficulté pour atteindre l'Atabal, la salle étant située en zone industrielle, loin de l'effervescence du centre-ville. D'effervescence on pourra véritablement parler lorsque viendra l'heure d'ouvrir les hostilités, vers 20h30-21h. Au son de METALLICA, nous dégustons une Eki (bière basque) dans le bar déjà bien occupé, pour ensuite passer au stand de merchandising et découvrir la salle. D'une capacité de 700 places, elle se révèle être spacieuse, haute de plafond. Sobre et classe comme endroit.

Une modeste assistance teste l'apéritif, du nom de FAMILHA ARTHUS (potes de GOJIRA), donnant dans une musique expérimentale mêlant patrimoine gascon, rythmes hypnotiques, loops électroniques et métal, pour un résultat étonnant et intéressant à observer. La présence d'une vielle à roue contribue beaucoup à l'originalité d'un concert où s'investissent sans relâche les musiciens, très mobiles sur scène. De nombreux larsens gâchent un peu la fête, mais on restera convaincu de la chose, notamment de ce morceau devenant de plus en plus lent, lourd et saturé au fur et à mesure qu'il s'arrête puis redémarre. Saisissant.

L'équipe de de TREPALIUM a pour mission de réchauffer un public encore frigorifié, sûrement par soucis d'économie quant à la suite des événements... Heureusement pour elle, l'objectif sera atteint au gré de l'avancement des titres, tirés pour la plupart de son excellente dernière sortie XIII, livrant son lot de pépites de death technique au groove agrémenté de passages jazzy de derrière les fagots (impossible de rester de marbre devant l'intermède en son clair de "Addicted to Oblivion") ! Encore plus que sur album, les riffs puissamment dansants de "Glowing Clouds", "Inner Hell", ou "Usual Crap" emportent facilement une partie de l'audience, qui n'hésite pas à déclencher quelques pogos éparpillés. Ce qui ressort principalement d'un set de TREPALIUM, c'est cette ambiance "à la cool" dans l'interprétation, non conforme aux groupes de death plus classiques et souvent plus nerveux sur scène. KK, au micro, respire le charisme tranquille, traversant paisiblement la scène de long en large tout remuant ses longues dreadlocks, quand il n'a pas le regard qui scrute une ligne d'horizon imaginaire. TREPALIUM donne le sentiment de faire son boulot correctement, tout en en retirant un maximum de plaisir, sans jamais vouloir voler la vedette à la tête d'affiche (pas facile, de toute manière). Une impression naissante de redondance fait que le set termine pile poil quand il faut, avant la lassitude. Le groupe a donc tout intérêt à travailler son attrait scénique pour accrocher les novices sur la durée et marquer durablement les esprits. Les connaisseurs savent, eux, qu'ils ont assisté à un très bon show musicalement parlant. N'est-ce pas là le principal ?

Changement d'ambiance palpable : la salle plonge dans la pénombre tandis que l'impatience monte dans les rangs. Au vu des éléments disposés sur la scène (les panneaux de part et d'autre de la scène, le kit de batterie de Mario incluant sa fameuse structure métallique en tôle), la certitude d'assister à plus qu'un concert, c'est à dire à un véritable spectacle, semble être au fond de chacun. Très aguerri par les récentes tournées en dehors de nos frontières, le monstre bayonnais est parvenu à affiner un set parfaitement équilibré, offrant autant de brutalité pure que de respirations, dans lequel chaque titre semble développer un univers émotionnel précis, et transmettre son propre message. Le tapping ondulatoire d' "Oroborus" se propage dans l'Atabal, laissant tout le loisir, à travers la violence modérée qu'il incarne, d'en prendre plein les mirettes. Lights bleutées, un Joe au top de son charisme dont on ne se lasse pas d'admirer la fureur communicative, le reste de la team très à l'aise comme à son habitude, et également, toute une série de projections vidéo du meilleur effet (des arbres, des baleines, tout le concept gojiresque quoi)... La suite prendra des airs de grand huit, transformant à répétition le pit en joyeux bordel avec les terrestres "The Heaviest Matter of the Universe" et "Backbone", ménageant les efforts de son auditoire avec le très osé "A Sight to Behold", où Joe pose son chant à travers un vocoder (inaudible en face de la scène mais qu'importe, ce morceau prend une ampleur considérable en live), et faisant aussi un bref détour dans le passé avec "Clone" et "Love", restés des déclencheurs d'émeutes immédiats dont on appréhende l'impact. Nul doute que le terme de "machine de guerre" n'a jamais été autant approprié pour évoquer l'efficience de GOJIRA. La prestation, aussi professionnelle soit-elle, reste entièrement véhiculée par le plaisir de jouer et de se livrer à la foule, en témoignent les nombreux checks que font les musiciens avec leur public, le dynamisme du bondissant Jean-Michel à la basse ou l'humeur joyeuse de Christian. Riche en moments forts, dont le traditionnel solo technique de batterie de Mario, elle s'achève dans une communion sans faille avec nous, des poignées de mains et des lancers de baguettes et de médiators en pagaille... Merci pour tout, et à demain !


Samedi

C'est incognito que Christian, guitariste de GOJIRA, se balade devant le stand de son groupe, tandis qu'à côté Jean-Michel tape la causette avec quelques fans. Il est agréable, à ce sujet, de voir à quel point ces gars là sont restés simples, disponibles, et pas prêts d'avoir choppé le melon. Un exemple à suivre...

Gravitant dans l'entourage des landais, c'est LA FIN DE LA SOCIETE qui anime le début de soirée. Loufoque et costumé, le quintet livre un micmac de métal funky et de comédie qui remporte davantage de succès que la première partie de la veille. Le violoncelle électrique apporte une fraîcheur bienvenue à des compositions aux mélodies très abouties, pendant lesquelles le bassiste et un guitariste déguisé en lapin chantent à tour de rôle. Une mise en bouche sympathique au final.

Ce soir, TREPALIUM aura beaucoup moins à faire qu'hier pour emporter l'adhésion d'un public cette fois plus compact, et surtout prompt à rendre la soirée mémorable. Guère qu'une poignée de morceaux pour réveiller les sportifs du pit, tant mieux pour une dernière date de tournée ! Assister une seconde fois à leur show permet d'apporter le recul nécessaire pour apprécier les titres à leur juste valeur. Et force est de constater que certaines de leur chansons portent en elles LE riff contagieux qui fonctionne instantanément ("Glowing Cloud" nom de dieu). KK, très remonté (la canette qu'il tient à sa main n'est sûrement pas étrangère à cela) finira le set torse nu, gribouillé au marqueur de tout un tas de conneries, dont un faux string qui m'aura bien fait rire ! Tout comme hier soir, une pointe de lassitude se ressent au terme du concert, d'autant que la liste des titres joués est identique d'un soir sur l'autre. Quoiqu'il en soit, TREPALIUM a admirablement bien chauffé l'audience. Mince, que va t-il en être de GOJIRA ?

La réponse est simple : une nouvelle gifle. Quelqu'un disait : "Si on te frappe au visage, tends l'autre joue". Le conseil est suivi à la lettre ! Pourtant nous nous y étions habitués vendredi, mais là, on sent que la soirée prend des allures de gros événement : c'est la dernière date avant un petit moment, en compagnie des proches du groupe disséminés dans toute la salle. Des mots semblent même être hurlés en basque, ou alors je n'y comprends plus grand chose... Et le bulldozer reprend du service : même performance au détail près, et pourtant tellement humaine... Nouveau voyage dans une profusion de lumières, d'ambiances différentes, de scènes projetées soutenant à merveille ce rugissement de décibels intelligent. Tout défile encore plus vite que la veille, et si l'effet de surprise est bel et bien passé, il a laissé place à l'anticipation ! Quel plaisir en effet de retrouver ce "The Art of Dying" qui appuyé par les stroboscopes en vitesse maximale, passe avec brio le cap de la scène. Sans conteste le moment central du concert, fort de son intro digne de MESHUGGAH, son couplet souterrain et son refrain en apothéose... Cette démonstration de puissance est la preuve que The Way of All Flesh est loin de rougir de la comparaison avec ses frères. La mise à l'amende provoquée par le terrassant "Vacuity" confirme cette idée, et laisse la fosse exsangue. Mario et Jean-Michel profitent de l'exaltation que procure cette fin de tournée pour slammer de bon coeur dans le public, retrouver des têtes connues, et distribuer des pelletées d'effets dans le public comme toute star du rock digne de ce nom. Standing ovation pour GOJIRA ! Et qu'une envie : re-communier avec eux au plus vite.

Head!
22.02.2009

Evènement : Gojira + Trepalium
Libellé : L'Atabal
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