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Rammstein + Combichrist - Palais Omnisports de Paris Bercy (08.12.2009)

Rammstein + Combichrist - Palais Omnisports de Paris Bercy

Le moins que l'on puisse dire, c'est que RAMMSTEIN est généreux avec la France cette année. Après avoir rempli le Zénith de Nantes et de Strasbourg, ainsi que la Halle Tony Garnier de Lyon, les voici qui investissent le célèbre Palais Omnisports de Bercy pour deux dates de suite ! Si Bigard a bourré Bercy dans un de ses spectacles, RAMMSTEIN lui, a littéralement carbonisé Bercy ! Heureusement, pour ceux qui n'y étaient pas, l'équipe de Metalland s'y est rendue, et a suivi la performance depuis les tribunes, des étoiles plein les mirettes...

18h15 : un premier rugissement se fait entendre au milieu de l'attroupement déjà présent devant l'entrée principale. "Allez, gueulez un coup, c'est pas un concert de Franck Michael bordel !" s'exclame une grande gueule en bas des marches. Rires et étonnements dans la foule, qui compte en son sein aussi bien des djeun's arborant fièrement leur t-shirt à l'effigie des allemands, que des pères de familles visiblement concernés par l'adolescence ô combien rebelle de leur progéniture. Les métalleux, les vrais les durs, se retrouvent finalement en minorité au milieu d'un public qu'on qualifiera de "large". L'effervescence monte dans les rangs à mesure que le ciel se charge et que la pluie s'intensifie. Mais c'est sans encombre qu'aux alentours de 19h, nous pénétrons enfin dans l'édifice, ce vaste espace dans lequel plusieurs milliers de personnes viendront s'entasser jusqu'à saturation. Collé à la barrière de la régie son, je me retrouve très vite noyé dans la masse des fans, laissant mes deux compatriotes Metallandais au beau milieu des gradins. Quelques "Ola" permettent d'élever le thermomètre de l'ambiance d'un cran, puis les feux s'éteignent, et COMBICHRIST investit la place : spectacle.

Les norvégiens jouissent d'une mise en scène épurée mais néanmoins en accord avec le registre indus-électro frappadingue proposé ici. Un batteur de chaque côté, une machine au milieu, et un hurleur façon frontman EBM à la NITZER EBB, qui traverse la scène de long en large en invectivant son public. Depuis la fosse, la sauce prend indéniablement, on se retrouve immédiatement immergé dans une ambiance 100% industrielle qui n'est pas sans évoquer un show de PUNISH YOURSELF débarrassé de ses guitares métal. Dansant de par ses impressionnants beats qui vous font vibrer le pantalon, et également froid de par la répétitivité aliénante des loops, COMBICHRIST enflamme les rangs de devant, et y va de ses petites provocations : doigts d'honneur, des "fuck that shit" à qui n'en veut, et surtout, un des deux percussionnistes qui prend un malin plaisir à renverser son tom basse, qu'un technicien son s'empresse inlassablement de remettre sur pied, où à projeter une baguette en l'air à chaque frappe (sacré stock de baguettes, au passage). La prestation du quatuor s'achève au bout d'une demie-heure, avant que la régularité du tempo finisse par créer un brin de lassitude. Belle mise en bouche en tout cas plaçant la soirée sous le signe du métal industriel.

Le set terminé, c'est l'aventure pour me faire une place dans les gradins, que je rejoindrai en dix bonnes minutes. Le monde continue d'ailleurs d'affluer et de bouchonner dans les escaliers. Une fois sur place, le panorama est impressionnant, et on prend réellement la mesure du monde inimaginable présent ce soir : plus de quinze mille personnes si on en croit la capacité d'accueil du Palais Omnisports. C'est que ça vend, un blockbuster allemand ! Multipliez le nombre de personnes par le prix de 59€ et admirez le business généré... Après une demie-heure d'attente, on se cramponne solidement à son siège, car une longue introduction brumeuse emplit la salle, durant laquelle les membres du groupes apparaissent sur scène après avoir transpercé chacun une cloison factice d'où s'échappe une lumière vive. Lindermann lui, y va carrément à la découpeuse, puis se fait acclamer et s'avance afin d'entonner les premières notes de "Rammlied", morceau qui semble bien avoir été composé tout spécialement pour ouvrir chaque date de la tournée ! Son gargantuesque, explosions des lights en pleine face, l'effet est saisissant. Peut-être un peu trop d'ailleurs tant on peine à distinguer le chant de Till au milieu du mur sonore. Heureusement, armé de nos plus fidèles bouchons, on appréciera un son de mieux en mieux réglé au fur et à mesure du concert, ouf.

Vous le saviez autant que moi : qui dit RAMMSTEIN sur scène dit merguez-party à tous les étages ! Chaque titre est l'occasion de varier les plaisirs pyrotechniques, et s'il nous est impossible de tous les citer, rappelons-nous de ces innombrables colonnes de gaz et de flammes, en large en long et en travers, des explosions décuplant la puissance des "Bäng! Bäng!" sur le classique "Feuer Frei!", ou plus drôle, cet instant où un énergumène débarqué de nulle part est pris pour cible au lance-flammes durant le hit des plates-formes pétrolières, le bien nommé "Benzin". Comment non plus ne pas évoquer le passage à tabac de Flake, clavier et bouc-émissaire professionnel, plongé dans un bain métallique et arrosé d'étincelles par un Lindermann s'élevant au dessus de la scène sur une plate-forme prévue pour ? Outre la pyrotechnie, RAMMSTEIN soigne au millimètre près ses décors et son light-show, d'une froideur urbaine en adéquation avec la rigueur statique, souvent symétrique, du jeu de scène des protagonistes, très avares concernant les mouvements et la complicité dans le jeu (et c'est aussi pour cet aspect quasi-militaire qu'on aime le groupe). Une mention toute particulière est à faire à "Wiener Blut" et son décorum macabre à base de poupées d'enfants suspendues finissant par exploser dans un chaos sonore étourdissant.

De manière générale, on apprécie la transposition sur scène des nombreux titres issus du petit dernier, Liebe Ist Für Alle Da, à l'impact pas forcément direct sur disque, mais dont la qualité devient beaucoup plus évidente en live. Effectivement, impossible de résister à la puissance de feu du "Rammlied" d'ouverture, pure synthèse concise de leur carrière au goût d'hymne fédérateur, au mémorable refrain de "Ich Tu Dir Weh", ou encore à l'ultime single provoc' interdit aux mineurs : l'incroyable hit pop-métal planétaire du nom de "Pussy" durant laquelle la surenchère visuelle conduira Lindermann à chevaucher un canon à mousse pour une allégorie du zizi tout dur ! Un autre excellent moment du concert sera l'interprétation immanquable de "Frühling In Paris" où c'est logiquement le public parisien qui aura le loisir de faire entendre sa voix sur le refrain, devant un leader musclé brandissant le drapeau français. Classe et limite émouvant... Cependant, ce sont les anciens morceaux qui emportent plus facilement l'adhésion, dont le classique de toute une génération "Du Hast" repris à l'unisson, ou le plus surprenant "Weisses Fleisch" pendant lequel le fameux headbang accroupi de Till (vous savez, quand il se frappe le genoux à chaque hochement de tête) accompagne les riffs les plus tranchants du répertoire du groupe... Loin de se reposer sur son glorieux passé, le sextuor privilégie donc la fraîcheur de la nouveauté, puisque ce sont neuf titres sur les onze qui composent le dernier album qui sont délivrés ce soir... Et c'est bien trop rapidement à notre goût que les lumières de Bercy s'allument à nouveau sur une bande son reprenant "Ohne Dich", tandis que le Palais Omnisports se vide de ses occupants, rendus à la grisaille automnale.

RAMMSTEIN nous aura livré ce soir la recette qui est à l'origine de sa légende, c'est à dire un show complet minuté et réglé d'une main de maître, donnant dans une débauche d'effets outrancière de bout en bout, qui s'apprécie en fin de compte aussi bien dans les tribunes que dans une fosse sûrement exsangue en la fin de set (un ami me rapportera l'intervention de la sécurité pour de jeunes donzelles effondrées au milieu du pit, comme c'est meuuugnon). N'oublions pas non plus la traditionnelle ballade en zodiac de Flake au milieu d'une marée humaine, mais aussi, d'un point de vue plus global, l'attitude quelque peu rigide voire effacée (Flake et Lindermann mis à part) qu'on attribue depuis toujours à notre groupe teuton favori. On aime ou on aime pas, mais une chose est sûre : on ne repart pas avec le sentiment de s'être fait blouser malgré le prix à payer pour visiter Bercy. Avis aux amateurs, puisque la machine de guerre repassera au Main Square Festival d'Arras le 4 Juillet prochain !

Head!
11.12.2009

Evènement : Rammstein + Combichrist
Libellé : Palais Omnisports de Paris Bercy
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