
Napalm Death + Backstroke + Blodorn - Sans Réserve (30.01.2010)


NAPALM DEATH en France pour 5 dates, et pas spécialement là où on les attendait. Car si Paris représente l'étape obligatoire d'un passage dans l'Hexagone, que penser de Besançon, Caen, Brest ou même Périgueux ? Eh bien, c'est justement dans cette dernière ville que nous avons décidé de voir les papys du grind à l'œuvre, histoire de vérifier si l'arthrose ne les menace pas et si les missiles de leur dernier disque font autant de ravage en live. Allez hop, direction le Périgord, au Sans Réserve plus précisément. Une salle des plus classiques à vrai dire. Un bar en entrée, avec un espace merchandising située au fond, puis une porte discrète menant vers l'espace concert de 400-500 places. Le format est idéal pour ce genre de performance, qui malgré le statut culte dont bénéficie NAPALM DEATH, ne draine pas une foule immense ! Pour ça, il faut GOJIRA, LOFO ou MASS HYSTERIA... Pays de merde ! N'empêche, ça ne nous a pas interdit les bousculades avec tout ce que la Dordogne peut compter de métalleux weirdos. Des queues-de-cheval, des coreux parfumés à l'eau de Cologne, des faucheurs de pit blindés qui touchent les quatre murs de la salle en même temps, et j'en passe.
Deux illustres inconnus sont pressentis pour ouvrir le show, à commencer par le petit groupe local habituel. BLODORN. Le brutal-death/black asséné ici a le mérite d'être extrêmement carré, et plein de trouvailles techniques. Riffs d'inspiration ABORTED/DYING FETUS, un chanteur bien rageur qui tombe le survet' et la veste à mesure qu'il nous gratifie de son chant growl percutant : si l'originalité et la mise en scène font un peu défaut, rien à redire sur l'efficacité et la sincérité de la démarche. Blast dans le rouge en permanence et mosh-parts façon deathcore. Mange ! On s'étonnera quand même de l'apparente tranquillité du batteur, dont l'attitude "à la cool" derrière son kit tranche avec le pilonnage rythmique dont il est capable. Une bonne première partie que ces gars de Périgueux ! On retrouvera le frontman s'amuser comme un petit fou dans la fosse devant NAPALM DEATH, sûrement conscient à cette heure là de la chance d'avoir ouvert pour une telle pointure du métal...
Vient un groupe réunionnais - fait assez rare pour être mentionné - nommé BACKSTROKE. Le quatuor jouit d'une mise en scène bien plus travaillée que pour son prédécesseur, notamment au niveau des lights qui concordent plutôt bien avec les registres abordés. Car à l'inverse de BLODORN, BACKSTROKE tape aussi bien dans la marmite du hardcore que du néo, ou du rock pur et dur. Ce qui donne de bonnes vieilles rythmiques jumpy à la sauce Cavalera, ainsi que des passages HxC donnant au chanteur le loisir au chanteur de s'égosiller dans tous les sens de façon convaincante, que ce soit en hurlant ou en susurrant des mots doux (so gay !). Ce qui est moins convaincant, c'est le manque flagrant de panache au détour de nombreuses mosh-parts et breaks dans lesquels des arpèges font complètement retomber la tension. L'impression d'entendre un métal plein de bonnes intentions mais finalement pas assez jusqu'au-boutiste se fait cruellement sentir. Comme un manque de substance malgré le cœur mis à l'ouvrage. C'est dommage, car l'introduction dans la pénombre laissait augurer d'un grand moment. Il sera juste honnête.
C'est en toute humilité que le moissonneur-batteur Dany Herrera himself, bientôt suivi par le psychopathe du riff Mitch Harris, assurent des balances sans grosse finesse (il faut entendre la distorsion du son de basse !), quand bien même ils auraient pu rester repliés dans les loges et laisser les techniciens faire le boulot. Si ça, ce n'est pas la preuve vivante qu'ils ont su éviter de prendre le melon après une carrière ô combien respectable... Reste que l'ovation sera réelle une fois le fauve Barney détaché de sa laisse, accompagné de l'affable Shane Embury à la basse. La claque est immédiate, fatale, et ce dès l'entame de "Strong Arm", rouleau compresseur grind parmi tant d'autres, dont on relèvera de nombreux extraits tirés de l'ultime Time Waits for No Slave, ainsi que les inévitables pierres angulaires du death-grind que sont "Scum", "Siege of Power", "Suffer the Children" ou encore "Mass Appeal Madness". De quoi rendre survoltée une fosse qu'il m'a rarement été donné de voir aussi chaotique et encline à la castagne, dans laquelle il ne fait vraiment, mais vraiment pas bon vivre !
Si vous êtes coutumiers de NAPALM DEATH, vous n'êtes pas sans savoir que Barney a une façon très personnelle de gesticuler micro à la main, tel un épileptique qu'on soumettrait à une séance d'exorcisme, vomissant tous les maux de la société à travers ses lyrics passées au vitriol, et profitant des intervalles pour en expliquer brièvement le contenu. Peut-être pour faire prendre conscience à une certaine frange du public du fond politisé du groupe malgré un nom qui laisse facilement imaginer le contraire. L'esclavage, la corruption... Comprenne qui pourra. Au pire, on s'en tiendra à la musique seule. Une musique totalement orgiaque et ultra-physique, ponctuée par les habituelles interventions hystériques de Mitch Harris, et s'abattant telle une immense chape de plomb sur nos pauvres têtes (l'intro de "Life and Limb", carrément incroyable de lourdeur), jusqu'à nous vider de l'énergie nécessaire au moindre mouvement. C'est qu'on s'est fait "napalmisé" la tronche en deux temps trois mouvements. L'épandage n'aura effectivement pas duré plus d'une heure - sans le moindre rappel - mais ce fut heureusement bien suffisant pour repartir avec le sourire vissé aux lèvres, surtout quand on a eu l'occasion de brailler dans le micro tendu sur la traditionnelle reprise des DEAD KENNEDYS "Nazi Punks Fuck Off" et de se faire avoir par un "You Suffer" toujours aussi bref (2 secondes). Tel un shoot d'adrénaline qui prend subitement fin, un live de NAPALM DEATH ne se regarde pas, mais doit se vivre à fond. Quitte à ne pas en sortir indemne. Plus d'un semble en tout cas avoir suivi ce précepte à la lettre ce soir ! Grind or die !
Head!
31.01.2010
| Evènement : Napalm Death + Backstroke + Blodorn Libellé : Sans Réserve Photos : 0 |
ABRASIVE
C.B MURDOC
EMBRIONAL
YAYLA
DARKNESS BY OATH
AOSOTH
PANDEMONIUM
JUMPING JACK
Metallica + The Kills + Gojira
Lofofora + Tagada Jones + Doberman [crew]
ETHS
ABYSSE


