
Hacride + Sol Niger + Grorr + Spillblood - L'Ampli (20.02.2010)


Les concerts de métal dans le Béarn, ça existe ! J'en veux pour preuve cette date de HACRIDE à l'Ampli, ch'tite salle paloise d'approximativement 400 places, tout ce qu'il y a de plus intimiste et classique. Mais plus qu'un concert, c'est une véritable soirée métal dont il s'agit avec pas moins de trois groupes pour faire l'ouverture du combo poitevin respecté.
A commencer par SPILLBLOOD, qui avec un nom pareil, vous vous en doutez, ne donne pas dans le musette-folk. Non, c'est du gros grind. Du bête et du méchant. Qui tâche ! Et qui demande une certaine concentration de la part des musicos (assez statiques du coup) pour être exécuté, puisque les riffs s'avèrent bien tordus, les breaks et changement de rythme s'enfilant comme des spikes sur un collier. Bon, on sent que le groupe est jeune et manque encore d'expérience scénique, en témoigne la relative réserve (timidité ?) du beuglard au micro, qui s'excuserait presque d'être là entre chaque morceau. On l'excuse ! Son attitude à l'opposé du leader bovin nous aura fait sourire. Bémol cependant pour les innombrables larsens, sûrement pas leur faute à ces petits gars. Sinon, c'était carré.
Pas grand chose à voir avec GRORR, des palois pas inconnus des services de Metalland. Leur démo nous était effectivement parvenue en 2008, et on avait senti une personnalité naissante dans ce que leur métal multi-influencé proposait, sorte de death-indus plus ou moins brutal, plus ou moins progressif, en tout cas très accessible. Sur scène, ces dires se confirment. Messieurs revêtent comme prévu leurs cagoules pourvues d'antennes lumineuses, pour un rendu "insectoïde" franchement pas indispensable au vu du style pratiqué, à moins qu'ils ne se décident à développer un maximum ce concept à l'avenir. Ce petit plus de mise en scène aura tout de même facilité l'immersion dans une atmosphère bleutée du meilleur effet et provoqué de bons dérouillages cervicaux. Miam !
La place est faite à SOL NIGER, fidèle baroudeur du Sud-Ouest que j'avais déjà pu voir l'an passé en 2009 (cf. le live report à Aire-sur-L'Adour). Et toujours, cette même énergie débridée - que dis-je - bordélique sur scène, à laquelle je ne peux m'empêcher d'attribuer un côté punk. Peut-être est-ce dû au charisme (n'ayons pas peur des mots) de Stef au micro, gonze complètement survolté vous observant d'un œil vengeur en permanence, ou à ses acolytes se démenant comme des couillons dans tous les sens, tout en restant calé techniquement entre eux. Ca, c'est la classe ! A mesure que les pogos et slams s'enchaînent, SOL NIGER semble prendre de plus en plus son pied à dérouler son death thrashy, et on oublie très vite les ignobles problèmes de larsen basse qui allaient jusqu'à couvrir totalement leur musique en début de set. Mais que font les ingés !
Que font-ils en effet ? Leur a t-on donné des consignes pour ne pas foirer le son de HACRIDE ? Une chose est sûre : on aura pas à se plaindre des conditions acoustiques d'un set prévu sur, grosso modo, une heure de temps. Une heure durant laquelle les valeurs montantes du métal français font la part belle à Lazarus, excellentissime manifeste de métal moderne et progressif dont nous avions vanté les mérites ici-même. Et c'est un plaisir que d'observer, de tout près, les complexes lignes rythmiques d'Adrien (guitare) et Benoist (basse), qu'ils ne se contentent pas de faire coordonner entre elles, mais qu'ils agrémentent également de mouvements parfaitement synchrones, tels deux serviteurs totalement abandonnés à la tâche (sauf quand un idiot passablement bourré manque de renverser Benoist). Au milieu, Samuel éructe de rage, et pour l'avoir vu de très près, l'homme ne fait pas semblant de faire pousser les veines sur son front rouge vif ! Une belle maîtrise incroyable de puissance, notamment lorsqu'il laisse exploser un growl suite au break du titre de clôture, "On the Threshold of Death", à l'énergie décuplée lorsqu'entendu sur les planches. Quand au batteur remplaçant Olivier (à titre définitif a t-on appris depuis peu), le très agile Michael Roponus (OM MANI), on évitera de le traiter de manche, mais plutôt de mathématicien polyrythmique accompli. C'est qu'ils ont recruté du méga-lourd chez HACRIDE ! Question ambiance, on aurait pu craindre une certaine passivité du pit en raison de la recherche musicale du quintette. C'était sans compter sur son feeling très rock en live, des invectives de Samuel aux headbang phénoménaux de ses comparses, en passant par un light-show suivi de très près par le staff situé à gauche de la scène. Non vraiment, HACRIDE est parvenu à peaufiner un jeu de scène sobre et percutant, la marque d'un professionnalisme évident qu'on aimerait voir s'expatrier comme un autre de nos géants, que je ne citerai pas...
Head!
21.02.2010
| Evènement : Hacride + Sol Niger + Grorr + Spillblood Libellé : L'Ampli Photos : 0 |
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