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Punish Yourself + Aqme + Uncommonmenfrommars - Rock School Barbey (06.03.2010)

Punish Yourself + Aqme + Uncommonmenfrommars - Rock School Barbey

Il suffit d'avoir vécu ne serait-ce qu'une fois un concert de PUNISH YOURSELF pour que le virus soit définitivement transmis ! Une seule envie : retourner le plus tôt possible à la messe multicolore du collectif toulousain cinglé. Bordeaux, la Rock School Barbey... Une occasion en or massif qu'on ne devait pas regretter à vie, quitte à se taper les derniers survivors de la Team Nowhere AQME ainsi que les fers de lance du teenage-punk français UNCOMMONMENFROMMARS. C'est que le kiff a un prix : la patience, raison pour laquelle on ne s'éternisera pas des heures sur le détail de nos deux premières parties.

Les UNCO pour commencer, sympathiques routards dévoués corps et âmes à la cause du punk à roulettes, qu'on retrouvera en présence d'un petit comité de jeunes fans en pleine crise pubertaire. Délivrant sa fameuse recette poppy à base de trois, voire quatre accords les jours de bonté, le quatuor joue le sourire vissé aux oreilles, s'attirant les faveurs d'une fosse qui commence à pogoter timidement. S'il n'y a rien de palpitant dans les courtes compos juvéniles entendues (en gros après 20 minutes, ça gonfle), voir ces types 100% intègres se la donner au maximum sur des choeurs bubblegum, puis profiter des pauses pour vanner AQME ou une fan de PUNISH YOURSELF à la crinière rouge du premier rang, permet de passer un moment fun et agréable. Seul le son des guitares semblait manquer de patate. Du reste, les trois clones agités (lunettes et coiffure identiques, mis à part le bassiste rigolo) livrent une prestation sans faille.

Une bière de plus dans le gosier, et nous retournons dans une salle autrement plus bondée, puisque AQME est déjà sur les planches, tentant de convaincre une grosse partie du public. "Tentant", car on sent une animosité palpable due à la foule de détracteurs que le groupe se traîne depuis des années. Et malheureusement ça peut se comprendre à l'écoute : de bons départs de morceaux, massifs comme il se doit, mais vite plombés par les excès de mièvrerie du chant de Thomas, pourtant convainquant (malgré ses tics insupportables) lorsqu'il s'agit de hurler ses maux. De fait, l'attention de nous autres, grands crevards de France, se focalise surtout sur l'appétissante silhouette de la bassiste Charlotte, atout visuel qui maintient tant bien que mal notre relatif intérêt. Qu'importe, AQME semble se faire énormément plaisir ainsi qu'à son parterre de fans, et tout va pour le mieux dans un monde de kids et de bisous...

Rien à voir avec les maîtres de cérémonie psycho-cyberpunk-glam-SM-et-j'en-passe qui investissent une scène mise aux couleurs kitch de la Pink Panther Party : moumoute rose sur la guitare, tête d'ampli rose, squelettes de plastoc de part et d'autre de la scène et surtout, une clôture de lasers verts en front de scène rappelant le grillage qu'utilisait autrefois le groupe. La mise en scène est telle qu'il faut moins d'une minute pour s'abandonner complètement à l'univers psychédélique des toulousains fluorescents. "Shiva Only Is God", opener ultra-efficace du dernier album, ouvre ainsi les hostilités, soit une foire aux pogos d'enfer et de jumps à la verticale. Avec toujours, la conviction tenace qu'il n'est pas nécessaire de connaître sur le bout des doigts l'œuvre du quatuor pour prendre un putain de pied. Car la recette se réplique quasiment à l'identique : une intro en forme de loop électro, suivie par une rythmique martiale nourrie façon MINISTRY qui rencontre RAMMSTEIN ("My Name Is Legion", fantastique). Vx69 prend un malin plaisir à se convulsionner sur la largeur de la scène, dans une série de déhanchés que ne renierait pas un bon vieux clubber gay ! C'est lui la star incontestablement, un des seuls performers capable de marier esprit punk et sensualité, notamment lorsqu'il mime un duo d'amants dangereux avec la danseuse Klodia, éternelle adepte des torches enflammées, des gerbes d'étincelles à la disqueuse et des seins nus ! Une vraie plus-value qui donne aux shows de PUNISH cette dimension à la fois festive et psychédélique... Et tradition oblige, le double-canon à mousse est de sortie en fin de set, rafraichissant un public cramé qui n'avait eu le temps de récupérer des forces que sur les titres les moins énervés du répertoire. C'est qu'un live de PUNISH YOURSELF s'apparente à un passage en machine mode essorage. On ressort littéralement lessivé, transpirant, et au fond de nous contents d'être redescendus sur Terre au terme de ce trip sous acides auditives !

Head!
14.03.2010

Evènement : Punish Yourself + Aqme + Uncommonmenfrommars
Libellé : Rock School Barbey
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