
Hellfest 2010 - Dimanche (20.06.2010)


Le Day 3 du Hellfest, c'est celui du bilan. Compter le nombre de membres valides restants, compter le nombre de têtes d'affiche à ne pas louper. Pour les membres en état de marche, à peu près tous... Les têtes d'affiche : trois. Car attendu du public, le triplé MOTÖRHEAD - SLAYER - KISS devrait logiquement nous achever dans la bonne humeur... Résumé.
DECAPITATED : direction la Rock Hard Tent, le paradis des sourds ou des amateurs d'infrabasse, où les DECAPITATED s'apprêtent justement à trancher leurs premières têtes. Bonne nouvelle, les guitares surnagent au dessus du reste, on va y comprendre quelque chose cette fois. C'est par une séance de slams à outrance au milieu du pogo poussiéreux (sortez les bandanas) que nous rendons hommage à ce death-metal technique au groove brutal, emmené par un groupe visiblement heureux de faire partie de ce chaos. Le pied est monumental au milieu du pit, rien à ajouter.
BEHEMOTH : prestation très puissante et carrée en ce milieu d'après-midi pour les chantres du death-black polonais, pas avares de décorations sur scène d'ailleurs : les pentagrammes et autres serpents métalliques ornent les pieds de micro, derrière lesquels s'active le quatuor grimé, peut-être pas très communicatif avec son public mais que voulez-vous, tout le monde ne s'appelle pas MASS HYSTERIA !
KATATONIA : je ne dirai pas grand chose sur le set métallo-dépressif des suédois, l'ayant vécu allongé sous la Rock Hard Tent, mais j'ai pu y trouver des vertus apaisantes et revigorantes, grace à un son qui semblait équilibré de ma position.
DEVIN TOWNSEND PROJECT : incontestablement, mon gros coup de coeur cette année. J'avoue pourtant m'être perdu ces derniers temps avec les sorties du père Devin, pas toujours au top de son talent créatif, mais ce show sans mise en scène démesurée est l'occasion de remettre les pendules à l'heure à la sauce "best-of de carrière". Hilarant à observer, le Devin désormais rasé aime grimacer, se moquer de son public entre les titres, et chanter divinement bien. Je m'abreuve de ses guitares aériennes et progressives, entre immédiatement en transe tout le long d'un set... très - trop - court. La simplicité alliée à une classe naturelle, merci monsieur Townsend.
STONE SOUR : vue rapidement, la bande à Corey Taylor et Jim Root (SLIPKNOT) fait dans le show rock-métal à l'américaine, très pro, devant une audience acquise à sa cause. Malgré un frontman, quoiqu'on en dise, de légende, je m'écarte au terme de quelques morceaux trop "guimauve" à mon goût pour aller recharger les batteries au camping.
MOTÖRHEAD : une foule immense se masse dès l'entame du mythique trio britannique, celle-ci restera les yeux rivés sur l'inusable Lemmy prostré au micro, délivrant sa gouaille rocailleuse en même temps que ses lignes de basse suitantes de rock'n'roll. Un concert instinctif, primitif, et classique, en atteste le solo de batterie qui nous en met plein les esgourdes, ainsi que la traditionnelle danseuse qui vient se trémousser aux côtés des dieux vivants (que dis-je, immortels) du rock. "Iron Fist" + "The Ace of Spades" + "Overkill" = amour. Qu'ajouter d'autre au sujet du Bomber ? Qu'il sait fédérer toutes les générations de métalleux ? Qu'il fascine toujours autant ? C'est au choix.
SLAYER : en place dans le pit, j'ai décidé de ne rater aucune miette d'un concert qui me laisse pour l'instant dans l'expectative, sachant qu'en 2007 et 2008 au même endroit, SLAYER n'avait pas laissé de souvenir impérissable. Très vite rassuré de voir un Tom Araya souriant et concerné par ce qu'il fait, je le suis également pour la cohérence qu'offrent les nouveaux titres dans une set-list réputée rigide. "World Painted Blood", "Hate Worldwide" et "Beauty Through Order" ne dénotent ainsi pas au milieu du reste, qui déchaîne les passions d'une fosse baignée des jeux de lumière rouge sang. Un wall of death qui ne semblait pas prémédité se forme au début du culte "Raining Blood", et achève la performance dans une ambiance "évil" complètement malsaine, sous l'air visiblement surpris de monsieur Araya et de ses acolytes. Kiff intégral, absolument rien à redire sur mon premier concert de SLAYER digne de ce nom !
KISS : curiosité visuelle au départ, mais véritable plaisir des oreilles par la suite, un concert de KISS élève le kitsch au rang de courant artistique majeur, grace à ses costumes qui n'effraient plus personne, ses lights à s'en décoller la rétine à chaque illumination du panneau KISS central, et ses écrans en pagaille (dont un central qui ridiculise l'écran latéral habituel). L'annihilation mentale est en marche et on se laisse vite prendre au jeu des stars Gene Simmons et Paul Stanley qui n'oublient aucun artifice dans ce moment de pur entertainment. Entrée en scène sous forme de film mégalomaniaque, structures élévatrices pour chacun des membres, flammes et feux d'artifices, et surtout, une onde bienfaisante de rock'n'roll qui vous envahit définitivement. ALICE COOPER, pourtant pas le dernier à mettre le paquet au niveau visuel, paraîtrait petit joueur en comparaison ! Point culminant du show : Stanley qui survole le public en tyrolienne pour rejoindre une plateforme placée au niveau de la régie son, afin d'entonner son hymne transgénérationnel : "I Was Made for Loving You". Il paraît qu'après ça on peut mourir tranquille, on se contentera pour l'heure de fredonner cet air sur le chemin du retour, au milieu d'une faune métalleuse qui exulte sa joie. Le Hellfest fatigue, mais le Hellfest rend heureux. A l'année prochaine, sans faute !
Head!
24.06.2010
| Evènement : Hellfest 2010 Libellé : Dimanche Photos : 0 |
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