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Graspop Metal Meeting 2010 (25.06.2010)

Graspop Metal Meeting 2010 -

C'est un fait, le Graspop Metal Meeting (GMM) jouit chaque année d'une popularité grandissante. Pas vraiment surprenant au vu des affiches composées de grands noms en journée et, bien souvent, de légendes en tête d'affiche qui font la renommée de cet unique festival Belge 100% Heavy Metal. Le festival se voit à nouveau gratifié cette année d'AEROSMITH (déjà présents à l'édition 2007), KISS (également de la partie en 2008) et, attention les yeux... SOULFLY. Un headliner qui, d'un point de vue personnel, n'avait absolument pas sa place aussi haut parmi des formations bien plus imposantes reléguées en après-midi telles que SLAYER, CHANNEL ZERO ou MOTÖRHEAD (la rumeur avait fait état d'un certain GUNS 'N ROSES en haut de l'affiche pour ce Samedi, il m'est avis que, comme à l'accoutumée, l'organisation s'y est prise trop tard et bouche le trou avec ce qu'elle trouve encore). Qu'à cela ne tienne, le reste de l'affiche est largement assez solide pour contenter les metalheads venus, une fois de plus, en grand nombre pour cette 15ème édition (130 000 au compteur !) et des 4 coins du globe.

On est que Jeudi et les plus impatients ont déjà planté leurs tentes, déballé leurs paquetages et commencé à picoler plus que de raison. Mais y a t il vraiment des limites dans ce qui s'annonce chaque année comme étant une des plus grosse messe Métal au monde ? La température tout le long du week-end avoisinera voire dépassera les 30°. Le soleil est haut, chaud mais l'organisation a prévu des points d'eau en suffisance pour permettre de s'hydrater. La première soirée et nuit est donc placée sous le signe de l'alcool et des rencontres puisqu'aucun groupe ne joue ce soir-là, hormis un "DJ Metal" prévu dans la Zone 24h (plaine qui, comme son l'indique, reste ouverte toute la nuit aux festivaliers) et qui assène aux déjà surmotivés des "Raining Blood", "Refuse/Resist" et autres "Replica" ou "Aces Of Spades", provoquant les premiers moshpits d'un festival qui ne commencera officiellement que le lendemain ! L'ambiance est donc au rendez-vous. Pas de doute, le Graspop 2010 s'annonce sous les meilleures auspices avec une organisation inchangée (donc très bonne) quoiqu'un peu stricte sur certains points (crowdsurfing interdit et placement sur le camping limité par la sécurité).


Vendredi

C'est donc après une nuit bien courte (blanche, pour ma part), que les premières lueurs du jour commencent à faire cuire les festivaliers dans leurs propres tentes, les obligeant à se lever à l'aube pour profiter des dernières heures de "fraîcheur".

OCEANS OF SADNESS
Ce sont les Belges d'OCEANS OF SADNESS qui auront eu la lourde tâche d'ouvrir le bal de cette cuvée 2010. Placé sous un Metal Dome (la 4ème et plus petite scène du fest') bondé de fans qui n'attendaient visiblement que leur prestation pour démarrer la journée, je n'ai pu regarder leur set que de loin, à l'extérieur. Absolument rien de marquant au cours de ces 40 minutes d'un Metal progressif traditionnel sans grande originalité, ni morceau/hymne se démarquant de la set-list. La foule semble davantage venue sous cette scène pour s'abriter du soleil. Une prestation pourtant correcte que le public, moi compris, a eu l'air de regarder avant-tout par curiosité que par véritable intérêt.

GHOST BRIGADE
Je n'ai jamais trop bien saisi l'étiquette "Death Mélodique" qui colle à ce groupe depuis sa création. La musique dégagée par GHOST BRIGADE est mélancolique mais inégale car tantôt puissante, tantôt tirée beaucoup trop en longueur. Ce n'est pas avec ces Finlandais que l'on sentira l'ambiance du festival partir sur les chapeaux de roues. Le chanteur ne communique que trop peu avec le public et les premiers hochements de tête n'arrive que tardivement durant le set, avec "Suffocated", tiré de leur dernier opus en date Isolation Songs.

REVAMP
Les 2 heures suivantes seront consacrées à la visite du site du festival dont l'organisation est en tout point similaire à l'année dernière. C'est avec une bière fraîche mais coupée à l'eau que je regarde d'un œil distrait la prestation de REVAMP. Pas de doute, le nouveau groupe de l'ex-AFTER FOREVER, Floor Jansen, a déjà ses adeptes devant la Main Stage. Le son est bon et le show, carré au possible (et Floor est superbe, il faut le dire), leur permet d'interpréter la quasi-intégralité de leur premier opus éponyme en toute facilité devant un parterre de curieux et de fans de la demoiselle conquis d'avance.

BLEEDING THROUGH
Première grosse prestation du Vendredi, les Américains de BLEEDING THROUGH ont le malheur d'être placé en Metal Dome, ayant par conséquent un son plus que brouillon et un espace de fosse trop limité pour contenir une foule venue en masse que l'on sent impatiente de se bouger. Le ton est donné dès les premières notes d'"Anti-Hero" précédée de l'intro' du dernier album: le Metalcore formaté du combo fait mouche dans le pit dont les mouvements sont ordonnés par Brandan, chanteur sous testostérone ressemblant à Action Man. L'homme et ses compagnons de scène ont de l'énergie à revendre et sont bien décidés à envoyer la sauce avec une set-list axée sur leurs dernières sorties en date ("For Love And Failing", "Death Anxiety", "Declaration",...). BLEEDING THROUGH en live est le stéréotype même du groupe Metalcore 'ricain déchaînant les moshpits et bougeant énormément sur scène (Brandan n'hésite pas à grimper sur les constructions métalliques qui font tenir le dôme afin d'épater la galerie), mais prévisible jusqu'à la dernière seconde. Cela dit, il n'en fallait pas moins aux Belges pour montrer que, sous un chapiteau à 35° ou sous une pluie torrentielle, ce sont des warriors et ainsi véritablement donner le ton à l'ambiance survoltée du festival. Le groupe quitte cette masse de chevelus déjà poussiéreux et suants avec son traditionnel tube "Kill to Believe" qui mettra tout le monde d'accord.

BILLY TALENT
L'heure de laisser place sur la Main Stage à l'OVNI de l'édition est arrivée. Craignant un lynchage de par son style tranchant radicalement avec le reste de la journée (le bonhomme n'est pas non plus très bien vu ni apprécié au sein de la sphère Métal), je suis pourtant surpris de l'accueil très correct que lui ont réservé les festivaliers. Soyons clairs, BILLY TALENT n'avait pas sa place sur cette affiche et ne contente qu'une petite partie du public (les premiers rangs sont truffés de jeunes têtes blondes) mais au moins leur accueil s'est fait avec respect (ou avec totale indifférence, c'est selon). BILLY TALENT ne fera pas non plus oublier le groupe qu'il remplace au pied levé (HELLYEAH) et le climat, pour un groupe en Main Stage, n'aura pas été des plus chaleureux...

SLAYER
Il n'est que 16h30 lorsque les vétérans du Thrash investissent la Main Stage. La foule est telle qu'on a l'impression que tout le festival s'est déplacer pour voir les 50 minutes du set de SLAYER sous un soleil de plomb. N'étant d'avance pas réellement convaincu par les récentes prestations du groupe ni même son dernier album en date, la crainte que j'avais de voir ce concert va se confirmer au fil des morceaux. La bande à Tom Araya entame les festivités avec un "World Painted Blood" efficace mais qui laisse entrevoir dès les premières secondes un SLAYER fatigué et sur les rotules. Le groupe a pris ses positions sur scène et n'y bougera pratiquement plus jusqu'à la fin, offrant pour seul spectacle les quelques hochements de tête peu dynamique de Jeff Hanneman et Kerry King. Tom Araya, quant à lui, est souriant mais presque amorphe (sa récente opération n'y est sans doute pas étrangère). C'est un set sans surprise qui attend les Belges, avec "Jihad" en deuxième position suivie de "War Ensemble", "Angel Of Death" (jouée étonnamment tôt), "Seasons In The Abyss" et "Mandatory Suicide" histoire de contenter les diehards fans qui semblent ravis dans le pit. Les "nouveaux" morceaux passent quant à eux assez mal le cap de la scène. Si "World Painted Blood" fait réagir - c'est avant-tout car il s'agit d'un single - "Hate Worldwide" et surtout "Beauty Through Order" tiennent une place anecdotique au sein d'une set-list riche en classiques. Comme précédemment écrit, on sent le quatuor épuisé. Dave Lombardo et Kerry King se montrent encore dynamiques par moment, à l'inverse de leurs 2 compatriotes Araya et Hanneman qui semblent ailleurs (le final "Raining Blood" ne décrochera pas un seul headbanging au chanteur/bassiste). La chaleur et le fait de jouer en plein soleil aussi tôt ne leur auront probablement pas non plus rendu service. Chacun ressort de ce concert avec un avis mitigé. Les plus pessimistes diront qu'ils devraient arrêter au lieu de salir le nom de SLAYER avec des albums indignes de ce nom. Les moins difficiles se contenteront de ce concert en demi-teinte truffé de bons titres mais à l'exécution bancale. Pour ma part, je regrette d'avoir manqué la prestation simultanée de DEVIN TOWNSEND qui, d'après les échos que j'en ai eu, fut l'un des points forts du festival. La débâcle ?

THERION
Bien que le contraste entre SLAYER et THERION fut brutal, disons-le d'emblée, la prestation des Suédois fut sublime. THERION parvient étonnamment à transporter son public dans une bulle, un univers propre au groupe en lui faisant oublier la réalité (dans le cas présent, oublier la chaleur pesante du chapiteau fut un réel bonheur). Le point noir que l'on pourra reprocher à la formation en festival, c'est de ne pas avoir assez de moyen à déployer pour restituer la grandiloquence de leurs albums. Ne connaissant que les 2 derniers albums (Lemuriaet Gothic Kabbalah), je me suis lancé à corps perdu dans cette découverte. Le son était suffisamment correct que pour permettre au groupe d'installer une des ambiances les plus magiques de ces 3 jours. Un public quant à lui plutôt silencieux, probablement soucieux de ne manquer aucune miette d'un show bien étudié et remarquablement interprété (car je le rappelle, THERION est avant-tout un groupe de salle qui a besoin de ses propres moyens de scène afin de donner le meilleur de lui-même). Plus qu'une simple prestation de festival, THERION a offert à son public un véritable recueillement. J'ose à peine imaginer ce que ça doit donner en salle avec un orchestre symphonique...

SEPULTURA
Pour beaucoup, SEPULTURA est mort après l'éviction de Max Cavalera. Pour d'autres, il reste une formation d'un haut niveau, à condition de ne pas le comparer au groupe précité et de le prendre comme un nouveau groupe à part entière. Je suis assez partagé sur cet avis, mais ce que je peux dire avec certitude, c'est que SEPULTURA en aura ébloui plus d'un en ce Vendredi et aura, à mon sens, donné l'une des meilleures performances du week-end ! Ça semblait pourtant mal embarqué avec, dès l'entrée sur scène du trio Kisser/Paulo Jr./Dollabella, un premier morceau aux percussions tribales en guise d'ouverture. Une ambiance lugubre, pas vraiment dynamique et après 30 secondes, je regrette déjà de m'être engouffré dans le Metal Dome bourré à craquer sans avoir d'espoir de ressortir avant la fin du set des Brésiliens. Seulement voilà, le colossal Derrick Green débarque et balance un "Moloko Mesto" qui en laissera plus d'un sur le carreau. La fosse se réveille et comprends que c'est bel et bien SEPULTURA et pas un infâme plagiat qui se tient à quelques mètres d'elle alors que le groupe envoie un "Arise" surpuissant qui fera bouger les 4 coins du dôme ! Les doutes s'effacent et l'on se rend compte que le "vrai" SEPULTURA n'aurait sans doute pas fait mieux au vu de la déferlante de puissance qu'envoie les Brésiliens droit sur une armada de fans déchaînés ! Le groupe semble avoir bien compris que pour remuer la masse, il doit cadrer sa set-list autour des albums sortis avec Max. "Troops Of Doom", "Refuse/Resist", "Territory", "Inner Self", "Ratamahatta",... Toute la discographie Cavalera est passée au crible et renvoyée avec une puissance de frappe impressionnante. En outre et au-delà de toute attente, les fans réagissent bien aux quelques morceaux issus des récents albums tels que "Convicted In Life", "What I Do!" et "Sepulnation". Le gens autour de moi sont abasourdis par cette débauche de violence qu'ils pensaient révolue et donne tout ce qu'ils ont. Sur scène, le géant Derrick Green a désormais beaucoup plus d'allure (c'est le moins qu'on puisse dire) que le père Cavalera statique et feignant de jouer de sa guitare les yeux fermés. Le reste, bien qu'en retrait face à cette masse imposante, s'exécute sans faux pas et tous se montrent souriant, remerciant à plusieurs reprises le public pour un tel entrain. Le traditionnel "Roots Bloody Roots" annonce la fin dans un déluge général de jumps, moshpits des plusieurs centaines de personnes sous le charme de cette mouture SEPULTURA version 2010. SEPULTURA, ce n'est pas que Cavalera, qu'on se le dise !

MOTÖRHEAD
Alors que NILE prends place sous chapiteau au même moment (je n'y participerai car, lors de leur 2 derniers passages au GMM, NILE a eu un son exécrable et inaudible me forçant à quitter au bout d'un dizaine de minutes), les mots "We are MOTÖRHEAD and we play rock'n roll !" résonnent sur la scène principale. Pas de doute, la bande à Lemmy-la-pustule investit la Main Stage. Le son du quatuor installe automatiquement la bonne humeur au sein d'un festival toujours heureux de les accueillir. Les nouveaux morceaux de Motörizer passe un bon verre de Jack sur glace et s'intègrent sans mal dans une heure de show emplie de bon vieux "Aces of Spades", "Overkill", etc... Si ce n'est un son un poil trop fort (MOTÖRHEAD quoi), pas beaucoup d'autres choses à dire. MOTÖRHEAD reste MOTÖRHEAD et donc un groupe idéal taillé pour le festival qui, comme les meilleurs alcools, semble se bonifier au fil des ans.

AEROSMITH
Ce n'est pas la première fois que j'assiste à un concert d'AEROSMITH. Je ne saurais être objectif car je ne suis absolument pas client du son mielleux de la bande à Steve Tyler. Un homme défiguré par les opérations et autres liftings histoire de lui faire paraître une seconde jeunesse. Sur scène, Il apporte toujours énormément de dynamisme à une musique qui n'en mérite pourtant pas tant. De plus, je persiste à croire que le bonhomme serait bien plus à l'aise dans une carrière d'acteur que de musicien, avec ses gestes et expressions démesurées qui font sembler chaque ligne de parole plus tragique les unes que les autres. Tu en fait trop, mon pauvre Steve... Comme KISS le Dimanche, AEROSMITH délivrera une prestation millimétrée jusqu'au moindre sourcillement qui vaudra avant tout pour son show et sa mise en scène (la fosse a été coupée en 2 et traversée par une allée surélevée pour permettre à Tyler de faire son cinéma). Une prestation d'un groupe semblant avoir l'air à des kilomètres de son public et manquant cruellement de spontanéité, malgré les émouvants hymnes au roulage de pelles que sont "Dream On", "Cryin'" et "I Don't Wanna Miss a Thing".


Samedi

Le matin, chaque geste compte si l'on veut éviter de suer et de se taper une insolation à seulement midi. Voilà pourquoi je ne me déciderai à aller sur le site du festival qu'à 13h, ratant avec regret le passage de HAIL OF BULLETS et SYLOSIS.

SABATON
SABATON et la Belgique, c'est une longue histoire d'amour. En 2007, le groupe avait affirmé avoir donné son plus gros concert chez nous. Aujourd'hui, c'est de nouveau sur Main Stage que l'on retrouve les power-métalleux Suédois qui ont, pour l'occasion, déployé un fond de scène orné d'un drapeau Belge. Le public, malgré l'heure, répond de nouveau présent et semble chaud et surmotivé bien avant que SABATON ne monte sur scène en scandant haut et fort le nom du groupe. La formation remplit à nouveau son contrat avec sa bonne humeur communicative. Dès "Ghost Division", les chanteur saute, court de long en large (et touche le cul de ses musiciens qui commencent à lui courir après, en passant) et mettra une ambiance bon enfant avec les hymnes qui suivront ("Panzer Battalion", "Attero Dominatus", "Primo Victoria" et "Metal Crüe"...). Veni, Vedi, Vici !

DARK FUNERAL
J'ai eu un peu peur du rendu sonore du concert de DARK FUNERAL sous chapiteau. Autre curiosité, j'attends de voir comment va s'en sortir le batteur sur les compos les plus supersoniques du groupe. DARK FUNERAL entre sur scène pratiquement dans l'indifférence générale. Peu de mains levées et encore moins de devil horns. Le son sur le premier titre ("The End of Human Race") est tellement bas et mal réglé que l'on peut toujours se parler sans gueuler ! Étonnant... Cela s'arrangera par la suite et je dois dire que j'ai été plutôt agréablement surpris du concert de la bande de black-metal Suédois emmenée par Lord Magus Caligula. Ce dernier est très en voix (toujours dans un registre aigu et criard qui peut paraître monocorde et linéaire par moments) et les guitaristes Chaq Mol et Lord Ahriman sont quant à eux concentrés sur leurs cordes et plutôt statiques. En découle une atmosphère lourde et froide collant assez bien avec l'esprit du groupe. Une messe noire grimée et supersonique emmenée par un excellent batteur, un chanteur charismatique et ponctuée de morceaux mid-tempo plus mélodiques ("Atrum Regina" et "My Funeral" en guise d'adieu) qui donneront au pit quelques minutes de répis.

Vidéo HD de "My Funeral" live : http://www.youtube.com/watch?v=Se5loLCtWgE

CANNIBAL CORPSE
Une fois DARK FUNERAL reparti dans l'au-delà, je décide de rester dans le chapiteau pour me placer dans les premiers rangs de CANNIBAL CORPSE. A l'extérieur, c'est BULLET FOR MY VALENTINE et ses mécheux qui ont infesté la Main Stage. Pas trop de regret, donc... Comme à l'accoutumée, la prestation des Cannibals se fera sans aucun temps mort ni artifice. Pas besoin lorsque l'on a Corpsegrinder comme frontman, me direz-vous... Toujours aussi imposant, ce dernier est une machine de guerre qu'on a l'impression de voir entrer dans un état second du premier au dernier titre. Le son, excellent, aura permis à la foule et à un pit en totale furie de reconnaître la majorité des titres joués et de s'entretuer sur les appels aux meurtres que sont "Make Them Suffer", "Priests of Sodom", "Stripped, Raped and Strangled" et un "Fucked With a Knife" dédicacé au filles présentes pour l'occasion. CANNIBAL CORPSE confirme donc son statut de leader de la scène Death-Metal sans faillir, malgré Pat O'Brian et Alex Webster toujours un peu en retrait face à l'armoire à glace Georges Fischer qui en met toujours plein la vue avec ses headbangings effrénés. "Hammer Smashed Face" annonce, sans surprise, la fin d'un des sets les plus brutaux du fest et annihile le public Belge une dernière fois.

CARCASS
Les festivaliers sont à peine sorti du chapiteau et toujours assommés par la déferlante de violence assenée par les Américains que les images gore de CARCASS ont déjà commencé à suinter sur les écrans géants de la Main Stage. Membres masculins en putréfactions et photos d'autopsie cradingues à souhait, c'est ainsi que le légendaire combo de Grind/Death se présente à la Belgique ayant dû prendre son mal en patience plusieurs années avant de pouvoir les admirer. En effet, c'est le premier passage de CARCASS dans nos contrées depuis sa reformation il y a 2 ans alors dire qu'ils étaient attendus relève de l'euphémisme. Une foule compacte de fans se tasse devant la scène principale, étonnant lorsqu'on sait que le groupe est là uniquement en remplacement de MASTODON (de mon point de vue, on y gagne clairement au change)... Inhabituel aussi de voir un groupe de Metal extrême sur la scène extérieure, d'habitude réservée aux formations Hard Rock, Heavy ou simplement mélodiques. "Corporal Jigsore Quandary" et c'est parti pour une heure de massacre avec un son très propre, mais qui fleure bon le sang et les tripes. CARCASS est visiblement heureux d'être là, enchaînant vanne sur vanne avec son auditoire entre les morceaux. Il ne fait aucun doute que la prestation des Britanniques restera gravée un bout de temps dans les mémoires (le simple fait de voir Michael Amott et Daniel Erlandsson hors d'ARCH ENEMY est déjà un plus, à mon sens) au vu de la proximité entre le groupe et son public et surtout cette vidéo d'autopsie féminine de bon goût en fin de set. N'attendez pas si longtemps avant de revenir, la prochaine fois !

FEAR FACTORY
Ayant déjà eu la chance de les voir en début d'année dans une petite salle accusant leur baisse de popularité depuis 2005 et l'infâme Transgression je n'avais aucune crainte quant à la prestation du fer de lance du Cyber Metal américain. Le Graspop réserve à Burton C. Bell et son line-up fraîchement reformé un accueil triomphal dès l'entrée en matière avec "Mechanize". Pas de doute, FEAR FACTORY a visiblement manqué à tout le monde et le public le lui rend bien ! Le groupe est à son aise, Dino Cazares est toujours aussi gras, Gene Hoglan assure toujours comme personne et Burton foire toujours autant ses parties claires mais avec une set-list axée uniquement sur les premiers efforts du groupe (Demanufacture, Obsolete, Digimortal, Soul Of A New Machine et l'excellent petit nouveau Mechanize), FEAR FACTORY se met le public Belge dans sa poche. Un public déchaîné sur les plus gros morceaux tels qu'"Edgecrusher", "Linchpin", "Powershifter", "Fear Campaign" et même "Martyr" du tout premier album, ressortie de son formol pour l'occasion et qui s'insère remarquablement bien dans le set. L'absence de titres de Transgression et surtout d'Archetype (suite aux problèmes de justice avec l'ancien line-up) ne se fait pas sentir et on notera un discours de Burton sur la marée noire, incitant au boycott des stations BP en faisant scander à la foule un "BP must pay!". Et pourquoi pas... FEAR FACTORY confirme son retour de la plus manière qui soit, avec un nouvel album sous le bras encensé par la critique et des prestations live qui ont clairement repris du poil de la bête. A voir et à revoir !

S'ensuit alors un break dans ma journée, me laissant le temps d'aller reprendre des forces, de me rafraîchir et de faire un tour par l'imposant Metal Market en attendant la prestation d'Abbath et ses sbires plus tard dans la soirée. SLASH passe sur la Main Stage et ne semble faire l'unanimité que sur ses reprises des GUNS 'N ROSES ("Sweet Child Of Mine", etc., vous connaissez la chanson). Un rapide passage près du Metal Dome me permet de regarder quelques minutes de TANKARD (de l'extérieur puisque le chapiteau est de nouveau surbondé) et de trouver une prestation énergique placée sous le signe du houblon avec leur chanteur à la panse exhibée tellement reconnaissable. A revoir dans de meilleures conditions ! C'est aussi de (très) loin et d'un œil distrait que je regarde l'entrée de CHANNEL ZERO, le mythique groupe de Thrash belge récemment reformé dont je ne saisi pas le succès. Sur scène, l'ensemble est très pro mais ô combien conventionnel à l'heure actuelle. Un set malheureusement entaché par de nombreux problèmes de son.

ELUVEITIE
Reléguer le groupe Folk le plus en vue du moment dans le petit Metal Dome relevait de la pure folie. Et pourtant, l'orga' l'a fait. Fort d'un nouveau très bon album, ELUVEITIE déboule devant nos yeux sous un chapiteau comble à la chaleur pratiquement insoutenable avec l'introduction d'Everything Remains As It Never Was suivie de "Nil". Toutes les mains sont levées, le public acclame, crie et crée des mouvements de foule sur chacun des titres des Suisses, leur faisant rapidement comprendre qu'ils sont l'une des formations les plus attendues du Samedi. Ce succès est amplement mérité. Le Death mélodique folkisant d'ELUVEITIE a le mérite de faire bouger tous les headbangers et même danser bon nombre de metalheads avec ses mélodies accrocheuses. Contrairement à ce qu'on pourrait attendre de ce style, les instruments folkloriques bénéficient d'un excellent son en live et sont joués sans réelles fausses notes. Impossible pour le public Belge de rester en place face à un enchaînement imparable des plus gros hits du groupe avec "Bloodstained Ground" en seconde position, "Kingdom Come Undone", "Tegernako", "Quoth The Raven", "Gray Sublime Archon", l'instrumentale "AnDro" ou encore les 2 singles "Thousandfold" et "Inis Mona" reprise en chœur par tout le dôme. ELUVEITIE est en train de s'imposer au fil des albums comme un groupe incontournable dans le marché sans cesse grandissant du Metal folklorique. Une prestation superbe d'une étoile montante qui ne semble pas décidée à s'arrêter de si tôt. Un véritable spectacle, autant sur scène que dans la fosse. We want more !

IMMORTAL
Attendu avec impatience par un chapiteau rempli à ras-bord après leur performance mémorable à l'édition 2008, les Norvégiens grimés prennent possession de la Marquee 1 (alors qu'AIRBOURNE joue en même temps sur la Marque 2) sous l'ovation d'un public entièrement acquis à leur cause. Souffrant de quelques problèmes de balances rapidement résolus dès le début de "All Shall Fall", IMMORTAL se présente d'entrée de jeu aux fans hystériques avec les mimiques et pitreries habituelles d'Abbath. Car, même si sur scène IMMORTAL peut porter à sourire, il n'en reste pas moins un groupe de musiciens exceptionnels livrant leur Heavy Black avec une précision et une efficacité à toute épreuve. La set-list, pourtant basique verra se succéder "Sons of The Northern Darkness", "Hordes of War", "Damned in Black" et à mon grand étonnement le retour du "single" "Grim and Frostbitten Kingdoms". Sur scène, on retrouve Horgh l'air toujours aussi passif mais concentré sur un jeu à l'exécution bluffante, Abbath qui ne manque pas une occasion d'amuser la foule (la marche de crâbe, ces répliques entre les morceaux ou bien le crachement de feu à mi-chemin de "Withstand the Fall of Time") et Apollyon arpentant la scène de tout côté. Les artifices de scène sont à nouveau au rendez-vous: alors que les explosions et feux de Bengale rendraient risibles n'importe quel groupe de Black Metal, chez IMMORTAL, ça passe comme une lettre à la poste. Mieux, le public en redemande. Le groupe, apparemment pressé par le temps, terminera son set en hâte avec un "One by One" déchaînant les cervicales. Pas de "Blashyrkh (Mighty Ravendark)" donc, malgré les derniers mots d'Abbath "See you in Blashyrkh!" qui auraient pu laisser penser à un rappel. Malheureusement, il n'en sera rien.

SOULFLY
La prestation de ce Samedi soir aura été à l'image de ce qu'est SOULFLY aujourd'hui: réchauffée, lourde et statique. Du moins sur scène car sur la plaine de la Main Stage, la masse de milliers de festivaliers s'en donne à cœur joie dans le pit à chacun des ordres de Cavalera. Pourtant, ce dernier semble exténué et n'est plus que l'ombre de lui-même. Avec la surcharge pondérale qui lui pend au bide, le père Max a plus l'air de souffrir qu'autre chose. Déjà pas très mobile ni loquace autrefois, il est maintenant complètement amorphe et passe son temps les yeux fermés en faisant semblant de jouer de sa guitare. Le Brésilien fait par moment tellement peine à voir qu'on a mal pour lui et qu'on s'attend à tout moment à ce qu'il annonce ce concert en headline comme étant le dernier de sa carrière. Une épave, en somme, comme le laissait prévoir Omen. Pourtant, musicalement, SOULFLY s'en sortira avec les honneurs avec une set-list, certes ultra-prévisible car inchangée depuis des années, mais bourrée des morceaux les plus casse-nuques de la bande. Marc Rizzo assure le spectacle avec ses très bons soli et ses sautillements sur scène alors que de son côté, Bobby Burns a toujours autant l'air de se faire chier. Un contraste marquant avec, entre les 2, un Max Cavalera vocalement en forme mais aussi charismatique qu'une plante et un Joe Nunez balancant la sauce derrière son kit. Par chance, la set-list tourne autour de tous les albums du groupe, hormis Omen. SOULFLY semble avoir compris que son désastreux nouvel opus ne fait pas le poids et se contentera simplement de placer "Bloodbath & Beyond" à mi-parcours. Pour le reste, ce sont quelques "Living Sacrifice", "Prophecy", "Back to the Primitive", "Babylon", "Blood Fire War Hate", "Unleash" (en featuring avec le petit-fils de Max, Richie qui aura assuré le show plus que son père au final) et autres "Eye for an Eye" et "Jumpdafuckup" qui rempliront cette heure et demie de set, avec les habituelles reprises de SEPULTURA. La seule surprise sera la reprise de "Walk" en hommage à vous savez qui. Encore une fois, la foule aura fortement contribué à mettre l'ambiance à grands coups de Wall of Death, circle-pits et moshpits. Au final, chacun ressort de ce concert avec la désagréable impression d'avoir eu droit à un SOULFLY fatigué en guise de bouche-trou (l'année passée, ils avaient joué en milieu d'après-midi !) plutôt qu'un véritable headliner. Même si globalement ce fut un bon moment, le groupe, surtout à l'heure actuelle, n'a pas la carrure de tête d'affiche d'un festival de si grande envergure et devrait penser à prendre un break plutôt que d'enchaîner les sorties de piètres qualités et les prestations live (cala)miteuses.


Dimanche

La journée du Dimanche sera marquée par les dilemmes. Avec des prestations simultanées de NECROPHOBIC et JOB FOR A COWBOY, EXODUS et THE FACELESS ou encore DEVILDRIVER et AMON AMARTH, il va falloir faire des choix...

ATREYU
C'est avant-tout poussé par un ami que je me surprends à aller au premier concert de la journée: ATREYU sur la Main Stage à 11h30. Les Américains recoivent d'emblée un bon accueil de la part des quelques courageux qui se sont levés suffisament tôt et n'ont pas trop la gueule de bois que pour venir sur le site du fest' aussi tôt. La critique que l'on pourrait faire à ce groupe est similaire à celle adressée à BILLY TALENT : la musique n'est pas fondamentalement mauvaise mais ATREYU et son metalcore/émocore n'ont pas réellement leur place à pareil festival. Pour le reste, leur prestation transpire l'énergie et la jeunesse. Une énergie qui fait plaisir à voir mais dont on ne retiendra pas grand-chose, au final.

BETWEEN THE BURIED & ME
C'est avant-tout pour être placé au premier rang de DEADLOCK que j'assiste à la prestation de BETWEEN THE BURIED & ME. Loin de faire l'unanimité comme lors de leur passage en Février dernier en première partie de LAMB OF GOD et JOB FOR A COWBOY, la musique progressive de ces Américains souffre principalement de longueurs dispensables sur leurs compositions (en même temps, c'est du prog'...). Avec des titres avoisinnants les 10 minutes, les 5 gaillards ne se feront pas que des amis parmi une fosse pas vraiment à l'écoute et déjà exaspérée par la chaleur du Metal Dome. La musique est cependant impaccablement jouée et le chanteur/claviériste Tommy Rogers insuffle tant bien que mal du dynamisme dans un chapiteau sans doute pas encore tout à fait éveillé.

DEADLOCK
S'il y a bien un autre groupe qui ne fait pas l'unanimité ces derniers temps, c'est DEADLOCK et son "Death" mélodique popisant mélangeant les chants et les influences de tous horizons. Soit on adore, soit on déteste (pour ma part, je suis fan). A mon étonnement, le groupe semble pourtant avoir une solide petite fan-base qui s'est déplacée en nombre en ce Dimanche matin. L'écran géant en fond de scène s'allume et diffuse le logo de la bande. Pas le temps dire ouf que les Allemands ont déjà envoyé leur 2 singles "The Brave / Agony Applause" et "Code of Honor" en guise de mise en bouche. Le set ne sera pourtant pas à la hauteur de mes espérances. Le son est malheureusement brouillon et restera inchangé au long du set. De plus, si Johannes (au chant hurlé) parvient à communiquer et à jouer avec la foule, la chanteuse Sabine semble extrêmement mal à l'aise face à ce public qui ne demande qu'à s'en prendre plein la vue. Vocalement, à part quelques fausses par-ci par-là, elle s'en tire bien mais lorsqu'il s'agit de communiquer avec le dôme, elle s'efface au bout de quelques mots, laissant la parole à son compagnon de chant. Les compositions sont efficaces et les quelques parties de samples techno (sur "Bloodpact" et l'introduction de "Martyr to Science") font forte impression. C'est un Metal Dome entier qui tapera dans les mains lors de la partie carrément techno-de-kermesse de "End Begins" en dernière position sur la set-list. Set-list d'ailleurs uniquement orientée sur les 2 derniers efforts du groupe, Wolves et Manifesto, avec "Awakened By Sirens" de Earth.Revolt et son final à capella bien assuré par Sabine sous les applaudissements nourris des Belges. Une très bonne prestation donc, mais qui aurait donné à être excellente dans de meilleures conditions !

EXODUS
Ce n'est que couché sous un chapiteau, à moitié somnolent (environ 5h de sommeil sur tout le week-end) que j'ai pu apprécier la performance d'EXODUS. Car avec ces Américains, c'est bel et bien de performance qu'il s'agit à chaque concert de ce groupe Le combo délivre son Thrash survitaminé à une foule à l'affût et se remuant sans doute plus que de raison alors que le soleil est à son zénith. EXODUS semble être un des groupes les plus attendus de cette fin de GMM et le groupe ne s'y trompera en retournant littéralement la scène principale à coups de "Strike of the Beast", "Blacklist" et "War Is My Shepherd". Une véritable Leçon de Violence à un SLAYER qui ferait bien d'en prendre de la graine !

AS I LAY DYING
Troisième passage au GMM pour l'une des plus grosses succes-story chrétienne de l'univers Metal de ces dernières années, AS I LAY DYING revient une fois de plus en Marquee pour mettre tout le monde d'accord. Car que l'on aime ou pas le Metalcore aux influences Emo, force est de constater que ces 'ricains réussissent à chaque fois à retourner le chapiteau. Et ce à l'aide de mosh parts et de chants clairs, certes bien clichesques et mielleux comme il faut, repris en chœur par un parterre de minets relativement jeunes et donc toujours bien décidé à salir leurs slims et ébouriffer leurs mèches en se mettant joyeusement sur la gueule. La présentation des nouveaux titres de The Powerless Rise fait sensation, mais ce sont les titres plus anciens qui ajoutent le plus de napalm sur le pit ("An Ocean Between Us", "Through Struggle", "94 Hours", etc.). Tim Lambesis s'érige sur scène en bon frontman, sachant trouver les mots qu'il faut quand le faut, même si le tout semble avoir été répété plusieurs dizaines de fois. Les chants assurés par le bassiste sont parfois limite mais peu importe, les groupies sont là pour les couvrir de leurs voix ! Un show rodé voire millimétré dans la plus pure tradition américaine.

Vidéo HD de "An Ocean Between Us" live : http://www.youtube.com/watch?v=7wAC1JJocAQ

BEHEMOTH
N'ayant pas eu l'opportunité de voir NECROPHOBIC en tout début de journée, il me fallait, ainsi qu'à plusieurs centaines de festivaliers qui se pressent en masse dans la Marquee 1, une bonne dose de blasts et de brutalité afin de réussir la journée. Quoi de mieux qu'un concert de BEHEMOTH pour remplir ses attentes ? En effet, que l'on adhère au style ou pas, un concert des Polonais se révèle pratiquement toujours excellent. Certes, ce n'est plus très spontané, ça pose sur scène et ce sont toujours les mêmes titres (des singles en majorité) qui ressortent en set-list, mais on en prend plein la vue. Et ce n'est pas ce set de 50 minutes qui fera exception à la règle ! Alors que l'on s'attendait à un titre rentre-dedans pour ouvrir les hostilités et poser les bases de son Black/Death survitaminé, le quatuor grimé entre en scène de façon nettement plus posée avec "Ov Fire And The Void". Un choix de titre mid-tempo discutable quand on connaît les morceaux surpuissants que contiennent Evangelion... L'entrée fait succès, mais il faudra attendre le deuxième titre et l'enchaînement avec "Demigod" pour réellement comprendre que le set a débuté et que BEHEMOTH est prêt à en découdre avec un public Belge qu'il connaît bien. Dans le pit, c'est le chaos. Sur scène, on semble toujours se déplacer en fonction d'un schéma établi avec des headbangings qui semblent coordonnés et, lorsque Nergal prend la parole, c'est pour dire des banalités déjà maintes fois entendues 2 ans plus tôt (j'ai pu voir BEHEMOTH un paquet de fois déjà avant cette date, alors sans doute suis-je un peu blasé, allez savoir...). Qu'à cela ne tienne, le groupe dégage une énergie dévastatrice aussi bien sonore qu'au niveau des attitudes (Orion et Seth sont de vrais poseurs mais leur enthousiasme impressionne). Les Polonais déballeront une set-list imparable comme à l'accoutumée, en y incluant "LAM", qui, malgré sa brutalité, n'aura rencontré que très peu de succès dans une fosse bouche-bée par leur prestation. Peu de surprises donc, hormis l'insertion du prochain single "Alas, Lord Is Upon Me" (un single ? Pas possible !) et un rappel sur "Chant Of Eschation 2000" qui aura littéralement mis le feu à un chapiteau qui n'en attendait pas moins, transformant une dernière fois le pit en un véritable champ de bataille.

Vidéo HD de "Alas, Lord Is Upon Me" live : http://www.youtube.com/watch?v=RGvRKpiAoew

KILLSWITCH ENGAGE
C'est de loin, un cornet de frites et une bière (ouais, toujours coupée à l'eau) à la main que j'assisterai au concert de KILLSWITCH ENGAGE sur la Main Stage, grâce aux écrans géants. Comme attendu, c'est un public relativement jeune qui s'amasse dans la fosse sur laquelle le soleil tape toujours en cette fin d'après-midi. Ce que l'on retiendra de ce set, c'est la bonne humeur dégagée par un groupe souriant et content d'être enfin sur la plaine Belge après maintes annulations lors des éditions précédentes. En revanche, ce que l'on comprendra moins, c'est le plaisir que prennent Howard Jones et Adam entre les morceaux à se faire des private jokes, rarement comprises par le public. Leur complicité fait malgré tout plaisir à voir et on dirait avant-tout que KILLSWITCH ENGAGE est un groupe de bons potes qui s'éclatent sur scène avant d'être l'une des plus grosses formations de Metal(core ?) mélodique au monde. La set-list ira crescendo, enchainant une sorte de best-of de tous leurs opus, de "Reckoning", "The Forgotten" et "Starting Over" du petit nouveau éponyme à "A Bid Farewell" et "Rose Of Sharyn" de The End Of Heartache, en passant par "This Is Absolution" et "My Curse" de As Daylight Dies, pour n'en citer que quelques titres. Les Américains achèveront leur heure de set par la reprise on ne peut plus de circonstance de Dio "Holy Diver", non sans émotion et chantonnée sur les lèvres de la plupart des festivaliers présents sur la plaine à ce moment. Avec un coup pareil, KILLSWITCH ENGAGE ne pouvait espérer finir plus en beauté...

HATEBREED
L'heure est au Metal-Hardcore, et c'est au cœur du pit rempli de coreux à poil ras et à bandana que je décide, non sans appréhension, d'assister au set des leaders incontestés du mouvement sur la Main Stage. C'est à ce moment que l'on se sent plutôt seul avec ses longs cheveux puisque la foule autour de moi est crâne rasée, torse-nue et fin prête à retourner le peu d'herbe qu'il reste encore sous leurs pieds. Pas de doutes, ça va chier... La foule se met en mouvements dès l'entrée et les premiers mots de Jamey Jasta sur "In Ashes They Shall Reap", suivie de "Everyone Bleeds Now" qui porte finalement bien son nom puisque certaines personnes s'empressent de s'éloigner du pit chaud-bouillant avec du sang sur le visage. Et ça a commencé depuis moins de 10 minutes ! Le public semble pendu aux lèvres du frontman et chacun de ses désirs sont accomplis comme des ordres. C'est ainsi que, dès les premiers titres, on voit apparaître multiples jumps, circle-pits et dance hardcore en tous genres. Le groupe est à l'aise et souriant devant ce festival pour qui il a joué un an plus tôt au même endroit et pratiquement à la même heure. Le public, lui, est ravi et se fout gaiement sur la tronche tant qu'il peut sur absolument tous les titres, à l'exception de "Defeatist" où Jasta, qui s'est laissé poussé la barbe pour l'occasion, demande à toute l'assemblée de faire tournoyer son T-shirt. Opération réussie ! Les beatdowns s'enchaînent (mention spéciale à "Doomsayer" qui fût pour moi la plus meurtrière) et se ressemblent, mais HATEBREED sait maintenir l'attention de son auditoire en demandant tour à tour de prendre les filles sur les épaules des mecs ou en rendant hommage à Peter Steele, Paul Gray et Ronnie James Dio sur "Last Breath". Je m'écarte sur les 3 derniers titres, histoire de constater le champ de bataille dans lequel je me trouvais. La fosse donne tout et ne faiblit pas, et ce jusqu'au dernier titre où le combo demande la destruction pure et simple de la plaine sur un "Destroy Everything" final qui prend réellement tout son sens en live. HATEBREED quitte la scène principale sous un tonnerre d'applaudissements de centaines de metalheads et coreux qui en redemandent. Un grand concert, exécuté par un groupe au sommet de son art emmené par un chanteur ultra-charismatique qui n'aura laissé personne indifférent. Respect.

Vidéo HD de "Destroy Everything" live : http://www.youtube.com/watch?v=7CUVd8I35bY

DEVILDRIVER / AMON AMARTH
Le plus gros dilemme des festivaliers cette année fût la prestation simultanée de 2 grosses pointures du Metal actuel sous 2 chapiteaux: les Suédois d'AMON AMARTH d'un côté, et les Américains de DEVILDRIVER de l'autre ! Un dilemme qui pour moi se transformera en un jonglage de déplacements entre les 2 scènes, étant fan des 2 formations.

Etant resté proche de la scène pendant tout le set d'HATEBREED, j'arrive trop tard pour pouvoir me placer correctement sous la Marquee où les vikings ont déjà lancé leur introduction. Le chapiteau affiche complet malgré sa grande taille et il est difficile de se frayer un passage parmi les fans venus en masse, torse-nus et armés de cornes pour saluer leurs idoles. La foule acclame la horde dès son arrivée sur un habituel "Twilight of the Thunder God". Comme à chaque performance du groupe, l'ambiance est au rendez-vous et prouve combien les pionniers du Viking Metal étaient attendus. J'ai à peine le temps d'apprécier les 3 premiers titres (enchaînement avec "Runes to My Memory" et "Asator"), que je me décide à faire chemin arrière pour DEVILDRIVER.

Impossible même d'approcher la scène à moins de 50 mètres une fois arrivé sous le chapiteau. Le premier constat est que la prestation des Américains reste reconnaissable au premier coup d'œil : fond de scène horrible aux couleurs du dernier album, parterre de fans survolté enchaînant les circle pits sous les commandements de Dez Fafara et jeu de scène sous amphétamine. Le triplé "Clouds Over California" / "Fate Stepped In" / "Not All Who Wander Are Lost" fait mouche et les mouvements de foule fusent de part et d'autre de la Marquee. Ici aussi, DEVILDRIVER semblait attendu, et c'est le moins qu'on puisse dire au vu de l'enthousiasme des Belges après une journée pareille et malgré la chaleur du chapiteau ! Le groupe poursuit la lancée de son rouleau compresseur en annonçant successivement "I Could Care Less", "Grinfucked" et l'impitoyable "End of the Line" et son intro' qui fera monter la tension à son comble avant d'être relâchée à grands coups de décrochage de cervicales.

De retour devant AMON AMARTH où il m'est désormais impossible d'avancer, me contraignant à apprécier la fin du show de l'extérieur. Le groupe a lancé l'excellente "Live for the Kill" et annonce la fin sur "Cry of the Black Birds". Mais les festivaliers ne sont pas dupes et il est impensable que Johan Hegg et sa bande de valeureux vikings quittent la scène sans jouer "Pursuit of Vikings". Seulement voilà, le groupe semble être en retard et clairement pressé par le temps. DEVILDRIVER a déjà fini et le monstre KISS ne va pas tarder à investir la Main Stage. AMON AMARTH sera donc victime d'une coupure de courant, obligeant le combo à écourter son set; Le public est scandalisé devant un Johan dans l'incompréhension. Celui-ci ne se laissera pas piétiner pour autant par un KISS apparemment désireux de tout arrêter quand ça leur chante (alors que ces derniers joueront 3 quarts d'heure de plus !). Le Suédois commence à motiver la foule et à improviser de la plus belle façon qui soit en faisant hurler le public, jusqu'à ce que le courant soit rétabli et que le groupe puisse donner le point d'orgue à son show avec son hymne incontournable !

Vidéo HD de "Hold Back the Day" (DEVILDRIVER) live : http://www.youtube.com/watch?v=CSKUlU36o_I

Pas de KISS pour cette fin de festival. Car, d'un point de vue purement personnel, leur musique me donne des boutons et je peine à croire qu'une formation aussi superficielle, fausse et pour le moins ringarde ait pu rencontrer un pareil succès. Je décide donc de rentrer au camping, afin de ranger mes affaires, replier la tente car je dois être rentré ce soir pour des raisons professionnelles qui m'attendent le jour suivant. Ce sera dur à n'en point douter, mais je repartirai de cette 15ème édition (la 5ème consécutive pour moi) le sourire aux lèvres et surtout plein de souvenirs en tête. Un grand merci à l'organisation et surtout aux groupes pour avoir permis aux Belges de vivre à nouveau un grand moment, beaucoup trop bref certes, mais inoubliable ! Je retourne néanmoins sur le site du festival boire une dernière bière (encore et toujours composée à moitié de flotte) et utiliser mes derniers tickets avec mon groupe de potes qui eux ne semblent pas être incommodés outre mesure par le show vieillot de Gene Simmons et ses vieux croûlants... L'édition 2010 s'achève sur un feu d'artifice réussi en l'hommage des 15 ans... Et j'en espère 15 de plus ! See you next year !

Tyhaich
15.07.2010

Evènement : Graspop Metal Meeting 2010
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