
Blood Ceremony + Sister Iodine + High Wolf - Instants Chavirés (11.10.2011)


A l'heure où nos bleus tentaient par tous les moyens de décrocher leur qualif' à l'Euro 2012, l'underground parisien vibrait, quelque part à Montreuil, au son de trois artistes venus d'horizons disparates, brassant une faune située entre le métalleux spécialiste en stoner-doom et l'amateur d'expérimental avide de nouveaux terrains sonores. L'intimité de cette petite salle se prête d'ailleurs très bien à ce genre d'événement, conçue pour ne pas dépasser la centaine de spectateurs : les artistes voguent peinards au milieu des siroteurs de bière, tandis qu'un stand de fortune sur le côté (assuré me semble t-il par le label Music Fear Satan) prône le bon goût vinylistique. Les dimensions sont à taille humaine ici, l'édifice caché dans une rue discrète à l'écart de la cohue parisienne...
Et très vite, la dégaine sympathique de Max, unique maître à bord du projet psyché-tribal HIGH WOLF (raison principale de ma venue à vrai dire, bien que 100% non-metal, mais le fait est que les fascinantes sorties du bonhomme rythment mon quotidien depuis une bonne année maintenant) prend place dans le halo bleuté où l'attendent sa ribambelle de pédales et autres pads rythmiques programmés. En position méditative assise, côté scène comme côté public, l'embarquement est immédiat et convie, à mesure que le musicien triture ses potards, percussions exotiques, guitares spatiales, et mantras psychédéliques souvent cousins du raga indien. La petite demi-heure est synonyme de transe contemplative, les basses souterraines opèrent en nous un doux stimuli hypnotique basé sur la répétition, et s'il n'y avait pas l'éternelle contrainte de la première partie, on aurait volontiers laissé nos chakras ouverts pour vingt minutes de trip supplémentaires...
Nouvelle bière, changement de plateau. SISTER IODINE semble retenir son élan au moment de laisser exploser ses instruments meurtris par les années de route et les aléas de performances réputées physiques. Preuve en est faite avec une démonstration de noise extrême unique en son genre. Pas de repères ni de structures à proprement parler, le duo de guitaristes taille à travers l'espace un granit sonore à grand renfort de larsens, effets de diving-bomb qui s'écrasent tel une chappe de plomb, ou autres bidouillages inexplicables joués au tournevis (!!!), soutenus par leurs deux autres compères de batteurs qui animent le squelette de la bête. Le plus souvent déchaînée la bête d'ailleurs ; le synchronisme de ces cogneurs évoque les MELVINS dans la forme, dans le fond c'est plus l'idée du chaos qui prédomine, surtout lorsqu'ils s'astreignent chacun à se renvoyer la balle, ou à improviser leur propre partie. Alors supercherie bruitiste ou expérience sensorielle à la frontière de la nausée ? La question reste ouverte mais a le mérite d'interroger sur les extrémités de l'art musical. Car si SONIC YOUTH a contribué à inventer la noise, SISTER IODINE lui, pousse la démarche du bruit blanc/mur de son dans des retranchements insoupçonnés. Qu'on apprécie ou pas, impossible d'y rester indifférent en tout cas. Et valait mieux opter pour le port de bouchons !
Finalement le plus conventionnel – mais non moins talentueux – des trois groupes, le clou de la soirée se nommait BLOOD CEREMONY, et comptait pour principal fait d'armes une tournée en ouverture des maîtres de l'occulte ELECTRIC WIZARD. Soit, comme leurs mentors, une forte addiction envers le groove evil de BLACK SABBATH et une propension à parsemer tout ça d'un léger voile psychédélique à base d'orgue. Chose originale, la chanteuse, diable sexy sous sa cape noire, y va également de ses soli à la flûte traversière, conférant parfois le sentiment étrange d'un groupe heavy enraciné dans le prog naissant des sixties ou la musique folkorique. Noyée au milieu des lights d'un rouge sang rituel (on ne s'appelle pas BLOOD CEREMONY pour rien hein), la prestation des Canadiens peut aussi bien rappeler au souvenir des riffs légendaires de Tony Iommi qu'aux incartades instrumentales des DOORS, et dès lors on comprend aisément comment ils ont pu accompagner le Sorcier Electrique sur les routes. L'idée d'un headbanging ralenti perpétré au milieu d'un pentagramme dessiné à même le sol est en effet similaire à ce que procure le mentor suscité, avec, peut-être, davantage de classicisme et de légèreté dans l'approche. Une excellente et accessible découverte signée chez Rise Above Records, qui conclue cette soirée inédite placée sous le signe du gros décibel et des effluves de patchouli en continu. Cooool !
Head!
15.10.2011
| Evènement : Blood Ceremony + Sister Iodine + High Wolf Libellé : Instants Chavirés Photos : 0 |
SOULDRAINER
ABORTED
WARATTAH
DETOXED
VANDERBUYST
PERSONA NON GRATA
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Sidilarsen + Subway
Knox + Nauar + Yurakane + Fetal Putrefaction
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