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Gojira + Monolyth - Zicophonies 2015 (22.05.2015)

Gojira + Monolyth - Zicophonies 2015

Si vous pensiez impossible, en 2015, de pouvoir croiser le monstre GOJIRA dans une petite ville de province, et à plus forte raison dans la salle des fêtes de la commune en question, sachez qu'un tel événement est encore susceptible de se produire ! Car chaque année à Clermont de l'Oise se tient le festival des Zicophonies, jusque là pas très porté sur les têtes d'affiche metal (mais plutôt branché Renan Luce, Cali ou Grand Corps Malade, à mille lieues de nos préoccupations donc), et qui a donc fait exception cette année en invitant nos Bayonnais préférés le vendredi 22 Mai, et les inusables punks de LOFOFORA le lendemain.

Et c'est en toute logique qu'un groupe du cru ouvre la soirée. MONOLYTH, de Beauvais, investit la large scène de la salle André Pommery au son d'un modern metal mélodique inscrit dans l'air du temps. L'affluence donne déjà le sourire, on est certes encore loin des 800 personnes qui se presseront ici-même une heure plus tard mais l'accueil est bien là, entre headbanging de rigueur et départs de pogos des kids survoltés qui assistent là au concert de leur vie (allez, on est tous passés par là hein). Jouant sur une dynamique à la fois agressive et mélodique, le quintet en met plein les oreilles aux amateurs de diversité : refrains chantés au kilomètre, screams déchaînés, riffs école swedish, mid-tempo carré et parsemé de leads, avec ce petit côté mash-up de SOILWORK et de ONE WAY MIRROR qui se révèle au fur et à mesure que les compos défilent. Pas la came de tonton Head! habituellement, mais force est de reconnaître le "professionnalisme" du combo pour ce qui est de livrer un show sans fioritures, alors qu'il n'a à son actif qu'un seul EP sorti il y a quatre ans et qu'on attend sagement la suite.

Cela étant, même le plus aguerri des groupes aura bien de la peine à égaler l'aura si particulière qui émane des number one du metal français. Vous savez, cette espèce de frisson irrésistible qui vous envahit instantanément et vous transforme en la plus fervente des groupies. Ouais, même 15 ans après... Il faut dire que malgré un succès qui ne cesse de faire grincer les dents de notre chère "communauté", malgré les tournées à répétition aux USA en ouverture des plus gros artistes, ou l'irruption dans des festivals grand public tels que les Vieilles Charrues ou les Eurockéennes, GOJIRA est resté droit dans ses bottes. Modèle d'humilité sur le plan de la communication, modèle d'intégrité sur album, conservant intacte sa patte artistique malgré son transfert sur Roadrunner Records, il est aussi et c'est le plus important, un modèle d'efficacité sur les planches. La preuve ce soir avec un "Ocean Planet" d'ouverture, toujours aussi impérial et percutant dix ans après avoir retourné nos oreilles pour la première fois. Et que dire du hit parmi les hits "The Heaviest Matter of the Universe", agencement jouissif de riffs telluriques, du tapping enivrant de "Oroborus" ou du soulèvement de la fosse tel un seul homme lorsque le riff bondissant de "Flying Whales" retentit ? Rien de bien nouveau en somme, car si une constante règne chez GOJIRA, c'est celle de la régularité implacable de ses shows, métronomiques en même temps que complètement humains et habités. Et ce, même si le groupe, quelque peu rouillé ce soir, avoue ne pas avoir joué live depuis six mois et que Clermont de l'Oise fait figure de tour de chauffe avant de reprendre la route. Au rayon des surprises, on relèvera uniquement un "World to Come" rarement interprété au milieu d'une setlist quant à elle rodée à l'extrême, et ponctuée de l'éternel solo de batterie de Mario, pour un fracassage de toms en bonne et due forme. Le monolithe "Vacuity" s'occupe enfin de fermer la marche d'un concert convaincant auquel il n'aura manqué qu'un petit "Clone" pour satisfaire les fans de la vieille époque, ou d'un titre supplémentaire de L'Enfant Sauvage, ce dernier n'étant mis en avant que le temps d'un extrait. Espérons un vent de renouveau, tout de même, dans un avenir proche. Désormais à la tête de son propre studio d'enregistrement à New York, on sait d'ores et déjà que GOJIRA a mis sur les rails la production de son sixième album. C'est qu'on a hâte de pouvoir se repayer une tranche de steak de baleine nous !

Setlist :
01 – Ocean Planet
02 – The Axe
03 – The Heaviest Matter of the Universe
04 – Backbone
05 – Love
06 – Drum Solo
07 – The Art of Dying
08 – Toxic Garbage Island
09 – World to Come
10 – Flying Whales
11 – Wisdom Comes
12 – Oroborus
13 – Vacuity

Head!
25.05.2015

Evènement : Gojira + Monolyth
Libellé : Zicophonies 2015
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